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La Barrière Entre Les Langues Et Les Hommes

Mémoire : La Barrière Entre Les Langues Et Les Hommes. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  20 Septembre 2014  •  627 Mots (3 Pages)  •  780 Vues

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Quelle relation ces textes établissent-ils entre connaissance de la langue et connaissance de l’autre ?

De nombreux textes littéraires présentent la découverte de nouveaux peuples. Jean de Léry dans son récit de voyage paru pendant la période humaniste rapporte sa rencontre avec les Indiens du Brésil. Voltaire montre la confrontation dans son conte philosophique L’ingénu entre le personnage principal qui est un Indien huron et la famille bretonne de Kerkabons. Rufin, dans son roman contemporain Rouge Brésil, raconte aussi la rencontre entre des soldats français et des Indiens. Ces textes associent connaissance de la langue et connaissance de l’autre par plusieurs aspects.

La connaissance de la langue permet la découverte de l’autre et la réflexion sur la langue. Dans le texte de Léry ainsi que dans celui de Voltaire, on remarque que les personnages utilisent leur connaissance de la langue pour traduire et rendre plus simple la compréhension. Ainsi, Léry utilise son nom car le truchement lui explique que « mon surnom Léry, signifie une huître en leur langage » l. 15 ou « je leur dis que je m’appelais Léry-oussou : c’est-à-dire une grosse huître »l. 16. De même, L’ingénu traduit les différents termes qui lui sont demandés. Cela permet à chacun de reconnaître en l’autre une même connaissance du monde : Léry fait de son nom français un nom indien, l’ingénu montre que les réalités dont les mots existent en basse Bretagne existent aussi en Huronie.

Mais, la méconnaissance de la langue est un frein à la connaissance de l’autre. En effet, les auteurs insistent dans les trois textes sur les incompréhensions dues à la langue. Léry indique qu’il « n’entendai[t] que le haut Allemand »l. 3 à ce qui est dit par les Indiens, il désigne même leur langage par le terme de « crieries» l.5. De même, dans le roman de Rufin la répétition par les Français du terme « Mair » « montr[e] que les étrangers n’[ont] aucune intelligence de ce qu’ils [voulaient] leur dire» l. 13-14. Les tournures négatives soulignent l’impuissance de la parole à permettre l’établissement d’un dialogue. La méconnaissance de la langue suscite des réactions ou des interprétations qui entretiennent la méconnaissance de l’autre : Léry n’entend que du bruit ; les Indiens se moquent de ceux qui n’arrivent pas à se faire comprendre.

Cependant, la méconnaissance de la langue impose une découverte sensible (c’est à dire qui passe par les sens, ici l’ouïe surtout) de l’autre, qui permet de le connaître.

Ces textes font entendre la langue étrangère en la rapportant au discours direct chez Léry ou Voltaire ou Rufin en la décrivant de façon approfondie des lignes 8 à 12 . Les trois textes évoquent une interprétation d’éléments linguistiques qui n’ont pas de lien avec la connaissance de la définition des mots, mais qui relèvent de la sensibilité au caractère matériel des mots : le lexique, la ponctuation, disent une perception sensible : Léry perçoit l’exclamation et l’admiration sous l’interjection ; chez Voltaire, « trovander » est commenté par un verbe d’état qualifié par un terme affectif ; le lexique du texte de Rufin établit des synesthésies, des métaphores et donne une représentation concrète de la langue : l’examen formel

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