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L'Inconscience : dissertation

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Par   •  31 Octobre 2014  •  Fiche de lecture  •  646 Mots (3 Pages)  •  621 Vues

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A. L’inconscient

Les souvenirs* accumulés par ma durée se conservent. Ils ne sont pas stockés quelque part, inertes, mais déterminent mes actes. Un souvenir est la plupart du temps inconscient, mais il est toujours là, qui pousse pour entrer dans le champ de la conscience et agir. Le souvenir inconscient est une action impuissante; c’est sous cette forme qu’il existe et se conserve. Il ne pénètre la conscience qu’à propos. L’ensemble de mes souvenirs, c’est mon histoire; c’est mon caractère.

Les souvenirs que nous perdons sont ceux dont nous n’avons pas besoin pour agir; inutiles, ils sont refoulés dans la mémoire pure. Ils n’en sont pas pour autant détruits: le passé est intégralement conservé, mais ne resurgit que pour et dans l’action. Lorsque les exigences de celle-ci se relâchent, la conscience peut se replonger dans le passé: tout est là. Ainsi s’explique que des gens sur le point de mourir, à qui agir devient inutile, se souviennent de toute leur vie en un instant; ainsi s’explique le rêve.

B. Le rêve et la rêverie

Nous ne cessons jamais, même dans le sommeil, d’avoir des impressions de toutes sortes; pourtant, nous n’y prenons plus garde: l’attention est relâchée. Ce n’est pas dire qu’elles sont comme inexistantes: elles fournissent une matière imprécise que nous rapprochons de souvenirs. Le souvenir aspire à être vu, la matière des sensations, à être identifiée; comme ils se rencontrent en un moi détendu et relâché, le lien est lâche et manque de précision; nous interprétons avec fantaisie les sensations du sommeil: c’est le rêve.

Ce qui distingue le sommeil de la veille, c’est donc la distraction du moi. C’est que le moi qui rêve se désintéresse de l’action; veiller, c’est vouloir. Le distrait vit dans le passé dans la mesure même où il se désintéresse de son présent, c’est-à-dire de l’effectif, de l’actif.

2. La mémoire et l’action

A. Les deux formes de la mémoire

Mon corps se meut la plupart du temps par habitude; le passé s’est sédimenté en mécanismes moteurs qui rendent l’action plus efficace. C’est la mémoire du corps, celle de la virtuosité du musicien et du geste machinal. La mémoire proprement dite, ce n’est pas la mémoire habitude, mais c’est celle du souvenir pur; nulle trace sur le corps de son action. Une leçon apprise se conserve sous les deux formes. Elle est à la fois mécanisme du corps – disposition physique acquise à répéter – et ensemble de souvenirs singuliers.

Chaque souvenir est un moment unique de mon histoire. Aucun ne se répète entièrement; c’est bien la répétition de quelque chose en un certain nombre de souvenirs qui, à la longue, crée une habitude de mon corps, mais chacun d’eux possède un caractère absolument singulier. Le passé se conserve dans le corps comme un perpétuel présent, et dans l’esprit comme un perpétuel passé.

La durée est mémoire; la mémoire occupe un champ de la réalité qui coexiste avec le présent. Le passé tel que la mémoire le conserve et le présent sont simultanés: le passé existe dans le présent, sous la forme de la mémoire. Le souvenir

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