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"La politique est l'art de se servir des gens" Montherlant

Dissertation : "La politique est l'art de se servir des gens" Montherlant. Recherche parmi 283 000+ dissertations

Par   •  6 Mars 2017  •  Dissertation  •  3 495 Mots (14 Pages)  •  1 564 Vues

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« La politique est l’art de se servir des gens »

-Henry de Montherlant

L’ère « Post-vérité ». L’ère « Post-factuelle ». C’est ce dont parlent ceux qui dénoncent ce qu’ils décrivent comme une tendance globale des démocraties à ne plus croire les faits dans le débat politique. Ledit débat serait devenu le lieu du mensonge assumé, du mensonge déclamé avec tant d’assurance que l’intéressé boit les paroles, persuadé que « quand on parle avec une pareille conviction, on ne saurait mentir ! ». On pointe alors du doigt notamment les campagnes du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union Européenne ou bien encore les élections présidentielles américaines, ou encore la politique extérieure russe. À travers la bouche des médias en quête du sensationnel, les voix des leaders politiques portent. Elles s’orienteraient vers l’émotion, usant d’une pléthore de formules poignantes et ignorant les faits et la nécessité du « Fact-Checking ».

Selon certains, ces expressions sont illusoires car supposant que jadis les débats politiques étaient plus exacts et plus honnêtes et que nous aurions aujourd’hui basculé dans une nouvelle ère. Cependant, comme dit l’adage, il n’y a pas de fumée sans feu et bien qu’il ne s’agisse pas aujourd’hui de traiter de la pertinence de l’expression « Post-vérité », nous allons délibérer d’une thématique s’y rattachant. La citation dissertée associe plusieurs termes qu’il nous faut d’abord expliquer. Sans quoi il nous sera impossible de statuer d’une problématique adéquate. Montherlant parle de politique, dans son sens large, complet, à la fois ensemble de affaires publiques d’un état et sa manière de gouverner. Ce terme est rattaché à l’art. On entend par là que la politique requiert la délicatesse, la subtilité et la finesse dont a besoin un artiste. Le politicien doit savoir faire preuve d’une perception exceptionnelle de son environnement et posséder une acuité à toute épreuve. Là où la citation est problématique c’est dans l’utilisation que fait le politicien de ses capacités. Montherlant dénonce la manipulation et l’hypocrisie des milieux politiques. La politique n’est alors plus que le moyen de mener les autres à sa guise, d’asseoir sa dominance en desservant leurs intérêts à son profit. Afin de prendre conscience de notre problématique il nous faut nous interroger sur les causes qui ont poussé à cette affirmation.

Ainsi sera organisée cette dissertation : en premier lieu nous discuterons et tenterons de délimiter la problématique qu’admet cette citation. Par la suite, comme dans la précédente dissertation, nous travaillerons selon un plan analytique, dénonçant d’abord les causes de qui ont provoqué l’épineuse situation présentée, nous terminerons en proposant des solutions au problème, dans la mesure du possible.

Le Peuple se sent manipulé, c’est la première évidence qui jaillit de la phrase de Montherlant qui se transforme alors en une sorte d’appel à l’aide, ou d’appel à la révolte. À la manière marxiste, on pourrait dire que le peuple est aliéné, qu’il ne se reconnait pas dans son gouvernement, qu’il le répudie. L’auteur témoigne ici de sa perte de confiance dans l’autorité étatique dont les acteurs ne sont bon qu’à asservir les faibles et négliger les pauvres. Ceux-ci poursuivent alors des idéaux qui n’ont rien à voir avec les attentes de ceux qu’ils représentent.

Ensuite, à ce sentiment de manipulation vient le sentiment d’être lésé par de promesses non tenues. Cet élément étant étroitement lié au premier, il est préférable de l’intégrer à la présentation de la problématique plutôt qu’à l’étude des causes. Par-delà ce sentiment déjà décevant que l’on s’est jouer de vous peut s’ajouter l’objectivité, plus honteuse, encore d’une promesse non tenue. On peut citer ici le désormais tristement célèbre député européen Nigel Farage, qui après avoir âprement mené la compagne pour le Brexit a osé avouer ouvertement qu’il n’avait pas de plan « après-Brexit » en quittant le parti politique qu’il avait fondé et se retirant de la scène politique britannique. C’est là aussi l’exemple concret des limites d’un discours fallacieux devant la terrible réalité.

Plus encore, il est possible de comprendre cette citation dans le sens où les électeurs ne se sentent plus représentés, une fois le choix fait. Ce phénomène, déjà approché en partie, rentre en corrélation avec les deux éléments précédents. Il convient tout de même de le dénoter car c’est l’une des critiques les plus courantes faites aux élus. Il existe par exemple en France cette fameuse cote de popularité, bête noir des politiciens, qui exprime en pourcentage la part de la population approuvant leurs agissements et leurs discours. Cette cote permet aussi d’être un indicateur de leur chance d’être réélu.

Finalement, cette citation peut suggérer une ultime manière d’aborder la problématique. Les gens ne comprennent pas la politique et ses jeux incessants. En ce sens, la faute n’est pas à remettre en totalité sur le dos des politiciens. Certes l’hypothèse demeure alors que la politique est objectivement trop complexe pour le citoyen moyen mais peut-être aussi ne s’y intéresse-t-il lui-même que très peu. En la reléguant au rang de souci mineur, le citoyen se rend lui-même manipulable et sera alors le premier à s’étonner de se voir lui-même reléguer au rang de souci mineur par les dirigeants qu’il a voulu ignorer.

Nous avons jusqu’à présent traiter la problématique comme dépendant purement de l’interaction entre représentant et représenté. Toutefois, il est possible de la considérer selon une autre grille de lecture. Et si l’auteur dénonçait ici la perversité des jeux politiques sur la scène parlementaire et internationale. Car si l’on parle généralement de politiciens manipulant le peuple, on ne peut ignorer les confrontations et les rapports prenant place dans les négociations des hautes sphères politiques ou il s’agit de déjouer le plan du parti concurrent, de se montrer plus malin qu’un état hostile. Cet aspect de la politique est tout aussi capital. Ainsi prend on acte des farouches méthodes et de la Loi de la jungle faisant office ici aussi de principe primordial dans les relations humaines.

Le tableau est enfin dressé. Lorsqu’il s’agit de diriger et de se hisser au-dessus de ces congénères, l’homme est prêt à tout : mensonges, tromperies, pièges et hypocrisie. Fort heureusement, comme le permet la liberté d’expression fondamentale à nos sociétés démocratiques, l’opprimé peut se dresser

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