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L'histoire

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Par   •  17 Novembre 2020  •  Cours  •  1 748 Mots (7 Pages)  •  121 Vues

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L’histoire :

Née dans l’antiquité grecque (Hérodote, Thucydide), c’est avec le XIXème siècle et l’entrée dans la modernité que l’histoire devient une science majeure. L’esprit scientifique remplace le point de vue religieux et bouleverse la connaissance du passé. Aujourd’hui,l’histoire est devenue une passion populaire, avec des excès critiquables comme le relativisme ou l’obsession de la conservation du passé.

  1. Les deux sens du mot

Alors que l’allemand utilise deux mots, Geschichte et Historie, pour désigner l’histoire, le français n’en a qu’un qui recouvre deux sens distincts : l’histoire effective, celle des événements vécus (Geschichte) ; et la connaissance du passé (Historie, du grec historia = “enquête”) que tente de constituer l’historien.

  1. Pourquoi l’histoire ?

  • L’époque contemporaine privilégie le sens historique: l’économie, l’art, les mentalités, les sciences, la philosophie, la morale, la religion, tout devient objet historique. Il existe même une histoire de l’histoire (l’historiographie), où l’on étudie l'évolution des études historiques. La nature aussi, pourtant symbole d’éternel recommencement, est désormais conçue sous l’angle d’une “histoire naturelle*”.
  • Cet engouement pour le sens historique installe précarité et relativité en toute choses : tout est critiquable, puisque éphémère; plus rien n’est sacré, puisque que tout est mortel. La vérité elle-même devient historiquement relative aux yeux de certains historiens.
  1. Le besoin d’histoire
  • Le besoin d’histoire prolonge des fonctions anciennes : d’abord, garder la mémoire du passé. Pourquoi ? Pour fonder une identité : appartenir à un peuple, c’est partager une mémoire commune. C’est pourquoi l’école enseigne l’histoire du pays pour former le citoyen.
  • Tacite, le plus grand des historiens latins, assigne à l’histoire une tâche d’édification morale : “C’est la tâche principale de l'analyste (celui qui rapporte l’histoire année par année) de ne pas passer sous silence les vertus, et d’inspirer aux paroles et aux actions perverses la crainte de l’infamie réservée par la postérité.” L’historien se fait moraliser. Les vies parallèles, de Plutarque (I-IIème siècle), qui rapportent les vies exemplaires des grands Anciens, ont longtemps servi de référence morale à des jeuns (Rousseau).
  • Bossuet, au contraire, met en garde contre une curiosité malsaine qui serait attiré par le spectacle des folies païennes : l’histoire serait cause d’immoralité et blasphème, et il est vain de vouloir ressusciter ce qui est mort.
  •  L’histoire peut aussi répondre à un besoin de piété envers les morts. Selon Auguste Comte, l’histoire est un culte des ancêtres qui fonde l’unité sociale, et le progrès ne peut s’ancrer que dans la reconnaissance de la dette envers le smorts (contre l’idée de révolution et de “table rase” du passé, le progrès suppose la tradition).
  1. Histoire et expérience
  • Bossuet admet cependant que, pour un prince, l’histoire sert à situer dans le temps (importance de la chronologie**) et à sortir de son époque, pour adopter un point de vue universel.
  • selon Hume, l’histoire “étend notre expérience à tous les siècles passés” : elle instruit en divertissant, car elle permet à l’individu de s’approprier les connaissance accumulées par l’humanité avant lui. Sans l’histoire, chaque génération devrait tout recommencer à zéro, et il n’y aurait aucun progrès.
  1. Mythe et histoire
  • La rapport au passé peut prendre d’autres formes, tel l mythe dans les sociétés anciennes. Le mythe rappelle l’origine, sans l’épaisseur du temps, pour éterniser l’état présent (justifier la famille royale en place, par exemple).
  • L’histoire cherche dans le passé les raisons des changements futurs. Le besoin moderne d’histoire répond à un besoin de rationalité. Car l’histoire suppose un désenchantement du monde, l'élimination des facteurs surnaturels.
  • L’histoire doit expliquer l’action humains à partir de causes immanentes ( = ne faisant pas appel à l’intervention du ciel), physiques et morales, ou au moyen de lois de l’histoire*** qui ordonnent le chaos apparent des faits.
  • C’est cette recherche de lois qui distingue l’histoire de la chronique, laquelle se contente de narrer la chronologie des faits. C’est ainsi que Montesquieu élabore l’Esprit des lois, que Hegel voit dans la loi de la raison, et Marx la loi de la lutte des classes.

     3) L’histoire est-elle une science ?

  • Cette question pose celle de l’objectivité de l’histoire. L’histoire ne peut être une science exacte ou expérimentale comme la physique. en effet, elle ne se répète pas et on ne peut pas y reproduire une expérience comme en sciences naturelles.
  • Elle est donc une science “morale” ou “humaine”, qui repose sur le travail de l’historien. C’est la déontologie de l’historien qui fonde la valeur scientifique de l’histoire.
  • Mais les choix politiques ou moraux de l’historien peuvent influencer ses interprétations. L’histoire se transforme alors en justification du présent (Lévi-Strauss). Ce risque donne une responsabilité d’autant plus grande à l’historien : “Toure l’histoire est choix”- Henri Febvre.

     4) L’histoire a-t-elle un sens ?

  1. temps cyclique ou temp linéaire

  • La conception de l’histoire dépend de la représentation du temps linéaire ou cyclique). La conception moderne et optimiste de l’histoire comme progrès suppose un temps linéaire, orienté ou finalisé.
  • Au contraire, la représentation cyclique du temps, inspirée du rythme des saisons induit plutôt un fatalisme et un pessimisme historiques,où prédomine l’idée d’une décadence et d’une mort des civilisations (Montesquieu).
  1. L’événement
  • Chercher un sens à l’histoire, c’est d’abord vouloir lui donner une unité rationnelle, par delà le désordre apparent des événements. Pour cela, on doit pouvoir distinguer l’essentiel de l’accidentel.
  • On dire qu’un événement historique**** est celui qui va dans les sens de l’histoire ou marque une étape importante dans son cours. Ainsi l’assassinat d’un seul homme peut avoir une importance historique (l’attentat de Sarajevo, en Juin 1914, est à l’origine de la Première Guerre Mondiale), alors que des famines ou des guerres meurtrières peuvent n’avoir aucune incidence historique. L’importance morale ou humanitaire ne doit pas être confondue avec l’importance historique ou politique.
  1. La fin de l’histoire
  • Les grandes philosophies de l’histoire, celles de KAnt ou de Hegel (La raison dans l’histoire), considèrent que la liberté est la “fin de l’histoire” : ‘l'histoire est orientée vers ce but, et une fois qu’une société libre est réalisée, l’histoire est “finie” : non que le temps s’arrête mais aucun nouveau progrès n’est possible.
  • Pour Marx, la fin de l’histoire est une société sans classes (communisme), le “moteur” de l’histoire étant la lutte des classes. Alors que Hegel développe un idéalisme historique (l’histoire universelle est la réalisation de l’idée de liberté), Marx défend un “matérialisme historique” (les conditions matérielles de production déterminant chaque époque historique).

     

     5) Avantages et dangers de l’histoire

  1. Le relativisme

  • Le principal avantage (et le principal inconvénient) de l’histoire est le relativisme qu’elle induit, c’est-à-dire un sentiment que rien n’est stable, et que ce qui vaut aujourd’hui ne valait rien hier, et ne vaudra rien demain.
  • Le relativisme historique présenté le risque d’un doute radical concernant la vérité. Certains historiens réduisent ainsi la vérité à un système de croyances propre à chaque société et à chaque époque : la vérité des grecs n’est pas celle des Egyptiens, ni celle des Chinois.
  • L’histoire elle-même devient une science relative à son époque. Cela conduit à un scepticisme, voire à un nihilisme : si tout peut être vrai à telle ou telle époque, rien n’est vrai et tout se vaut. Cet historicisme***** conduit à la perte des valeurs.
  •  néanmoins, L’avantage du relativisme historique est qu’il nous libère des préjugés de notre temps, en nous ouvrant à d’autres époques. L’histoire nous rend plus curieux et plus tolérants envers ce qui est différent ; elle contribue à effacer les incompréhensions entre les époques, mais aussi entre les peuples.
  • Cependant connaître l’histoire d’un peuple, c’est aussi détenir un pouvoir sur lui, car celui qui contrôle le passé, contrôle aussi le présent.
  1. Les leçons d’histoire
  • On dit souvent que la connaissance de l’histoire permet de ne pas refaire les mêmes erreurs : on parle alors de “tirer les leçons de l’histoire”******. Ainsi, la construction d’une Europe pacifique semble vouloir tirer les leçons des guerres qui ont dévasté le contient.
  • Mais Hegel rappelle que l’histoire ne se répète jamais à l’identique, et qu’il est illusoire de vouloir tirer des leçons du passé, puisque les circonstances ne se représenteront jamais de la même façon.
  • De fait, l’histoire réserve souvent des surprises : bien peu d’historiens avaient prévu la chute du mur de berlin et de l’URSS. L’histoire reste imprévisible, et les leçons du passé ne doivent pas empêcher de rester prudent dans ses pronostics.

Infos :

* Les Époques de la nature (1778), supplément à l’Histoire naturelle, de Buffon, récuse l’idée d’un nature immuable. La découverte des fossiles oblige en effet à supposer l’existence d’espèces disparues, donc des mutations de la nature.

*** Établir des lois de l’histoire fonde la scientificité de celle-ci, mais expose au risque de l’illusion rétrospective (interpréter le passé à partir des préjugés actuels) et du déterminisme (considérer que l’homme est le jouet d’une histoire changée en destin).

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