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Dissertation de philosophie sur le Désir

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Par   •  2 Février 2018  •  Dissertation  •  1 719 Mots (7 Pages)  •  166 Vues

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Au premier abord, le langage commun ne semble pas faire une différence entre la volonté et le désir à tel point qu’on peut se demander ce qui caractérise l’homme. Ces deux notions sont philosophiquement chargées et sont deux concepts radicalement opposés. La volonté est une intention d’agir en vue d’une fin et implique le choix délibéré des moyens rationnels pour l’atteindre. Le désir est une impulsion d’origine corporelle qui pousse l’homme à agir sans toujours consulter sa raison. Dans ces conditions, le sujet revient à se demander si l’homme est capable de se déterminer tout seul, par lui-même dans une décision de sa volonté, ou s’il est enclin à rechercher ce que des motifs sensibles comme le plaisir, lui présentent comme désirable. L’enjeu de cette question est la possibilité en l’homme de fonder une conduite morale.

I la volonté comme attribut principal de l’homme

Cicéron définit de manière très claire les positions du désir et de la volonté pour les Stoïciens. Cette pensée est très largement partagée dans l’Antiquité.

« C’est naturellement en effet que toutes les choses qui paraissent bonnes sont recherchées et que sont évitées celles qui ne le sont pas : c’est pourquoi dès que se présente quelque chose qui semble être un bien, la nature même nous pousse à l’obtenir. Lorsque cela se fait avec constance et prudence les Stoïciens appellent un tel élan : boulésis, nous l’appelons volonté ; ceux-ci pensent qu’elle ne se trouve que chez le sage et ils la définissent ainsi : la volonté est ce qui désire avec raison. Pour ce qui n’est de l’élan de l’âme contraire à la raison et né d’une excitation trop violente, c’est le désir ou appétit effronté que l’on rencontre chez tous les insensés. »

La volonté est une espèce de désir et elle ne peut se définir que par rapport à lui mais aussi par différence avec lui. Elle est une espèce rationnelle du désir, celle-ci désignant la tendance rationnelle et générale chez tous les êtres vivants à rechercher leur bien ou ce qui leur semble tel et à éviter ce qui leur semble mauvais.

Déjà Aristote avait mené l’analyse de l’acte volontaire et avait mis en relief le rapport qu’il entretenait avec la raison. L’acte volontaire est celui qui trouve son principe dans l’agent qui l’accomplit, contrairement à l’acte forcé. Même les actes que fait cet agent impulsivement sont des actes volontaires et à ce stade volonté et désir ne se dissociant pas :

« Nous ne pouvons-nous empêcher ni de nous emporter dans certains cas, ni de ressentir de l’appétit pour certaines choses, par exemple pour la santé et l’étude ».

L’acte volontaire concerne les enfants et les animaux qui ont part à celui-ci mais seul l’homme peut prétendre à une action délibérée. Il peut choisir de se soigner par exemple et supporter un traitement lourd et pénible. « L’homme intempérant agit par désir, mais non par choix, tandis que l’homme maitre de lui, à l’inverse, agit par choix et non par désir »

L’impulsivité du désir n’est plus de mise, elle caractérise désormais la conduite de l’homme intempérant soumis au pouvoir étranger de son corps et de ses passions. Le divorce de la volonté et du désir est consommé.

La volonté caractérise l’homme au plus haut point et forme la moralité à savoir la capacité à vouloir le Bien et à éviter le Mal. Les hommes accèdent à la sphère de la responsabilité. « Les actions dont les principes sont en nous dépendent elles-mêmes de nous et sont volontaires « . Il est en notre pouvoir d’être vertueux ou vicieux. C’est volontairement que l’on est bon, juste, mesuré et volontairement que l’on est méchant, injuste et intempérant. La volonté devient la seule mesure de la moralité. S’il arrive à un ivrogne de tuer, il ne peut pas dire qu’il ne l’A pas fait exprès : il est selon Aristote doublement coupable d’avoir bu et d’avoir commis le crime.

La volonté est donc la faculté de se maitriser. Nul ne peut ignorer la loi et nul ne peut prétendre l’acte involontaire. L’homme est tenu pour responsable de ses actes involontaires : il aurait pu, il aurait dû agir différemment. Il faut donc réfréner ses désirs et inhiber la tendance naturelle de l’homme. La volonté devient donc un anti désir : « si la colère fait lever la main pour frapper, la volonté peut d’ordinaire la retenir » Descartes, Les Passions de l’âme. La volonté est un contre-pouvoir et on peut avoir un pouvoir absolu sur ses passions.

En fondant la moralité sur la volonté, c’est la moralité elle-même que l’on peut qualifier de réactive. L’homme pense ainsi régler son compte au désir en fait il ne fait que régler ses comptes avec lui ce qui n’échappera pas à la lucidité de Nietzsche.

II- Le désir est l'essence de l'homme

On a vu au début que volonté et désir sont en fait originairement deux espèces d'une unique tendance à désirer que l'homme partage avec l'ensemble des êtres vivants : c'est à dire à tendre vers des choses qui nous paraissent bonnes et à les rechercher. Or, les analyses d'Aristote, des Stoïciens et de Descartes entre autres ont eu pour résultat d'oublier cette origine commune au point de dresser l'un contre l'autre la volonté et le désir.

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