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Le choix des stratégies

Résumé : Le choix des stratégies. Recherche parmi 233 000+ dissertations

Par   •  26 Décembre 2019  •  Résumé  •  3 365 Mots (14 Pages)  •  32 Vues

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CAS DOLHYDRAUL

Lors d’une session parlementaire, un député intervenait auprès de Mr le Ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer et marquait particulièrement le caractère intolérable, pour le public, du vacarme provoqué par l’usage des marteau-piqueurs dans les chantiers de travaux publics. L’intensité du bruit de ces engins dépasse 100 décibels, ce qui le rend difficilement supportable. Il s’étonnait que l’utilisation de marteau-piqueurs plus silencieux de conception française soit largement répandue à l’étranger, alors qu’elle demeurait l’exception dans notre pays. Il lui demandait quelles mesures il comptait prendre pour encourager, sinon rendre obligatoire, l’utilisation de marteau-piqueurs moins bruyants et diminuer ainsi, pour les ouvriers des chantiers comme pour les habitants du voisinage, la pénibilité de l’usage de ces appareils.

Il lui fut répondu que les mesures à prendre pour lutter contre la gêne excessive occasionnée par le bruit de certains engins de chantier étaient une des préoccupations des Ministères concernés par ce problème. C’est ainsi qu’un décret a prescrit en son article 1° que « les matériels utilisés ou destinés à être munis, s’il y a lieu, de dispositifs particuliers, en bon état de fonctionnement, de nature à assurer leur insonorisation ». Des arrêtés interministériels pris, pour chaque catégorie de matériel par les ministères concernés, devaient fixer les modalités d’application du décret précité, notamment les niveaux sonores admissibles. Celui concernant les moteurs à explosion ou à combustion interne et les groupes moto-compresseurs d’air était à l’étude. Les limites sonores admissibles prévues dans ce projet étaient soit par l’adjonction de dispositifs additionnels particuliers (chemises d’amortissement par exemple), soit par la conception même des matériels (outils hydrauliques par exemple). En conséquence, le problème évoqué par l’honorable parlementaire devait normalement être résolu par la réglementation prévue en la matière.

Cette réglementation devait en fait intervenir à la même date, non pas sous forme d’un arrêté interministériel qui aurait eu une portée nationale, mais sous la forme d’une ordonnance du Préfet de Police, fixant les limites du bruit tolérées dans la région parisienne (Bulletin Municipal Officiel).

A la même époque un article, dans un grand hebdomadaire, s’intitulait : « l’un des fléaux les plus terribles de la vie moderne : le bruit qui tue ». On y disait notamment :  « Notre vie est en danger ! Nous sommes traqués. Oui, pourchassés dans notre sommeil, dans notre travail, dans nos loisirs même. Pas une minute de répit. Notre système nerveux est en péril. Notre cœur, nos artères, notre esprit sont touchés. Mais sommes-nous décidés à payer le prix du silence ? ».

« Des hommes, vous, moi, sommes rendus fous par le bruit produit par notre société moderne, industrielle, soi-disant développée ».

Mais le progrès est lui-même générateur de bruit, par la création de machines nouvelles de plus en plus puissantes. Mais le progrès peut-il lutter contre le progrès ? La technique permet-elle vraiment de combattre le bruit ?

En 1946, une petite société du centre de la France, spécialisée dans la mécanique, achète une licence américaine d’appareils de perforation. A partie de ce premier matériel, elle se développe en diversifiant la gamme de ses appareils, selon la vocation « vendre les moyens les plus modernes pour faire des trous dans le dur de plus en plus vite, de mieux en mieux, de plus en plus importants et toujours plus profonds ». S’appuyant sur l’avance technique que lui fournit cette licence, la société DOL acquiert peu à peu l’expérience du marché, le savoir-faire industriel et la compétence technique pour l’innovation. La société grandit, commence à fabriquer ses propres matériels, prend ses premiers brevets.

En 1976, Denis DOL, petit fils du fondateur, entre dans l’affaire en tant qu’ingénieur, puis directeur technique. Il devient président-directeur général à 31 ans en 1979. La société réalise alors 20 millions d’euros de chiffre d’affaires, occupe 145 personnes, utilise 3000 M2 d’ateliers couverts.

En 2006 la société DOL a réalisé 80 millions d’euros de chiffre d’affaires, emploie 315 personnes et occupe 20 000 M2 d’ateliers sur deux usines.

Les exportations représentent 35% du chiffre d’affaires total, et sont en augmentation permanente. A l’exportation, ses principaux marchés étaient :

  • Afrique du Sud (23% du C.A. exporté)
  • Italie (14%)
  • Autriche (7%
  • Afrique noire (6%)

 « Nous ne sommes jamais sortis de notre spécialité – dit la direction -, nous connaissons notre métier. Nous avons grandi avec entêtement et prudence. Nous nous sommes méfiés des organisateurs, des recettes plaquées du dehors. Jusqu’ici ça a marché. La croissance est constante et nous nous y adaptons quotidiennement. Au début, par exemple, le bureau d’études de la firme se trouvait seulement dans la tête de mon grand père. Ces temps là sont passés. Aujourd’hui, le notre compte une dizaine de techniciens, il fonctionne depuis 30 ans déjà. Il absorbe probablement entre 5 et 10% de notre chiffre d’affaires. Franchement, on a jamais osé faire le calcul ».

Le principal concurrent était la filiale française du groupe suédois ATAS-ECO (380 millions d’euros de chiffres d’affaires pour le groupe). Bénéficiant de près d’un siècle d’expérience, cette société était devenue une des premières firmes mondiales dans le domaine de l’air comprimé. Elle en commercialisait les principales applications : matériels pour l’industrie minière, les travaux publics, les travaux de forage, outillage industriel, équipement dentaire. Sa dernière « trouvaille » résidait dans l’utilisation d’un rideau de bulles d’air pour protéger les ports ou les plages contre les méfaits des marées noires. Elle possédait 18 agences et bureaux régionaux en France.

Les autres concurrents directs contre lesquels DOL se battait étaient :

  • La société  MATO-SICO résultait de la récente fusion entre Mato (fabrication de compresseurs) et Sico (fabrication de marteau-piqueurs). Mato-Sico était sensiblement de la même taille que DOL. On considérait généralement que l’ensemble des deux firmes représentait, en France, 60% des ventes dans la gamme de matériels légers (marteau-piqueurs, brise-béton). Mato disposait depuis plusieurs années d’un service de location de compresseurs.

  • La société SHARPOLL était une firme américaine puissante de taille internationale, qui proposait une large gamme de matériels.

Les 13000 clients des établissements DOL, dont 3000 pouvaient être considérés comme le noyau des clients importants et fidèles, se répartissaient suivant 3 catégories :

  • Bâtiments
  • Travaux publics.
  • Mines et carrières.

Le réseau de distribution de la société, placé sous la direction de Mme DOL, licenciée en droit, était constitué de 18 agents régionaux, indépendants, qui employaient chacun plusieurs représentants et assuraient une partie du service après-vente. Ces représentants étaient autonomes et assuraient généralement la distribution d’un grand nombre de produits.

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