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Le Denoument De L'acte III Scène 8 De On Ne Badine Pas Avec L'amour De Musset

Mémoire : Le Denoument De L'acte III Scène 8 De On Ne Badine Pas Avec L'amour De Musset. Recherche parmi 265 000+ dissertations

Par   •  9 Avril 2013  •  1 058 Mots (5 Pages)  •  14 609 Vues

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On ne Badine pas avec l'amour de Musset.

Lecture analytique n°12

Acte III, scène 8.

Problématique: pourquoi peut-on dire que ce dénouement est complexe?

I.Un dénouement de comédie

Il concerne la relation entre Camille et Perdican: ils vont s’avouer enfin qu’ils s’aiment. Le mariage redevient possible au début de la scène.

a) Un coup de théâtre

Il s’agit d’un dénouement surprenant:

Camille se rend seule à l’oratoire pour s’entretenir avec Dieu de l’amour pour Perdican dont elle vient de prendre conscience et qui est suggéré de manière implicite («quand j’ai refusé de devenir l’épouse d’un autre que vous, j’ai cru parler sincèrement», 4-5). Il s’agit d’un monologue (cf la didascalie «Entre Perdican», l.9).

De même, Perdican recherche la solitude dans l’oratoire et tient un monologue où il évoque sa relation avec Camille (l.10-15: «cette fille»). Il exprime ses regrets de ne pas pouvoir s’unir à elle, comme le montre l’emploi du conditionnel: «Elle aurait pu m’aimer, et nous étions nés l’un pour l’autre» (13-14).

Or, le hasard va les faire se rencontrer et s’avouer leur amour: «Insensés que nous sommes. Nous nous aimons.» (18-19). Cet aveu s’accompagne de gestes significatifs, comme le montrent les didascalies: «Il la prend dans ses bras» (36); «Il l’embrasse» (41).

Dès lors, la pièce semble s’orienter vers une fin heureuse, comme c’est traditionnellement le cas dans une comédie, et comme le souligne le lyrisme des répliques.

b) L’éloge lyrique de l’amour et du bonheur

Le lyrisme est présent à travers de nombreux procédés:

Répétitions mettant en valeur le champ lexical de l’amour: au début et à la fin de sa tirade, Perdican dit «nous nous aimons» (18-19, et 35-36), ce qui est repris par Camille (37). Et le verbe aimer apparaît aussi l.13 et 39.

Apostrophes («Hélas!» l.22; «Insensés que nous sommes!» l.18 repris par «Ô insensés!» l.35; «Ô mon Dieu!»23-24…) et nombreuses tournures exclamatives (par ex. l.24-25) qui montrent l’intensité des sentiments éprouvés par Perdican.

La tirade du personnage (18-36) manifeste ses regrets concernant le passé, comme le montre l’emploi dominant du passé composé: «avons-nous fait», «ont passé», «a voulu», «avons fait», «il a fallu». Ce passé s’oppose au présent heureux des retrouvailles amoureuses («nous nous aimons»).

Il exprime aussi une certaine incompréhension: phrases interrogatives anaphoriques («Quel songe …? Quelles vaines paroles, quelles misérables folies…?», l.19-21).

Après avoir déploré leur attitude orgueilleuse qui les a empêchés d’être heureux, Perdican fait alors l’éloge du bonheur, à travers des images poétiques liées au thème de la nature:

Métaphore filée méliorative de la mer: «le bonheur est une perle si rare dans cet océan d’ici-bas» (= la vie terrestre); Dieu est «un pêcheur céleste»… Il se compare, avec Camille, à des «enfants gâtés» qui n’ont pas su apprécier la préciosité du bonheur.

Métaphore du champ: «le vert sentier», «une pente si douce», «buissons si fleuris»…

c) Une fin morale (//titre)

La tirade de Perdican semble déjà offrir, à ce stade de la scène, une explication au proverbe qui sert de titre à la pièce: «On ne badine pas avec l’amour» car c’est un bien précieux qui rend supportable la vie terrestre («cette vie est elle-même un si pénible rêve», l.22-23).

Cela rattache alors la pièce à la fois aux genres du proverbe et à celui de la comédie, qui a pour fonction d’instruire

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