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Commentaire de la nouvelle Chef D'oeuvre Inconnu De Balzac

Mémoires Gratuits : Commentaire de la nouvelle Chef D'oeuvre Inconnu De Balzac. Recherche parmi 259 000+ dissertations

Par   •  5 Février 2013  •  1 494 Mots (6 Pages)  •  659 Vues

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Introduction

Amorce : Balzac n'a incorporé que tardivement Le Chef-d'œuvre inconnu à La Comédie humaine. L'action de cette nouvelle, située au début du XVIIe siècle, se déroule en effet longtemps auparavant.

Présentation du texte : C'est une étrange rencontre que fait ici Nicolas Poussin qui, tout jeune homme, n'est pas encore un peintre reconnu. Dans l'escalier qui le mène chez Porbus, un célèbre peintre de cour, il aperçoit un vieillard mystérieux qu'il observe avec curiosité.

Annonce des axes : Balzac présente au lecteur ce curieux personnage à travers un double regard : le sien propre et celui de Nicolas Poussin. Ce portrait permet de voir à l'œuvre le réalisme balzacien qui, tout en partant du réel, cherche à le dépasser et peut prendre une couleur fantastique.

I. Un point de vue complexe : certitudes et interrogations

Le personnage est vu selon plusieurs perspectives.

1. Le regard du peintre en focalisation interne

• C'est d'abord à travers les yeux du jeune Nicolas Poussin qu'on voit le vieillard : le regard du peintre colore la focalisation interne et montre un portraitiste attentif aux reliefs du visage parce qu'ils accrochent la lumière (« le jour faible »), expriment le caractère, la personnalité du modèle dont le tableau devra rendre compte.

• Nicolas Poussin essaie de déchiffrer, d'interpréter ce personnage problématique en utilisant son intuition d'artiste. Il forme des hypothèses à partir des indices et des signes que lui fournissent les vêtements, la « démarche », les particularités de cet individu qu'il « examin[e] curieusement », c'est-à-dire avec curiosité.

• Il fait une première supposition (« il devina dans ce personnage ou le protecteur ou l'ami du peintre ») qu'il prolonge par un commentaire affectif, « espérant trouver en lui la bonne nature d'un artiste ou le caractère serviable des gens qui aiment les arts ». Un examen plus approfondi remet en question cette hypothèse à partir de « mais il aperçut... » et Poussin marque l'incertitude que lui suggèrent ses observations par des modalisateurs, tels que « quelque chose », « je ne sais quoi », « devaient ».

2. Le regard du romancier et la participation du lecteur

• Le narrateur prend alors le relais : il intervient et superpose son regard à celui du peintre. Curieusement, il fait entrer le lecteur dans le récit, fait appel à son imagination par des impératifs successifs (« imaginez », « mettez cette tête », « jetez ») : le lecteur participe ainsi à l'élaboration du portrait.

• Le narrateur-romancier se comporte lui-même en peintre dans la création progressive du portrait, traçant des lignes, jouant en virtuose des couleurs (« vert de mer ») et des « ombres », des contrastes entre l'éclat de la « dentelle étincelante » et le « pourpoint noir ».

• Ce double point de vue constitue une stratégie romanesque à la fois efficace et déroutante. Elle multiplie en effet les précisions réalistes qui devraient raisonnablement permettre au lecteur de se représenter clairement le personnage, mais en même temps, le romancier reconnaît son échec, donne l'impression qu'il ne parvient pas à représenter le personnage dans toute sa réalité. Il semble reconnaître que les mots sont moins capables (« vous aurez une image imparfaite », précise-t-il) que la peinture de représenter l'au-delà des apparences, qu'il y a des signes dont l'écrivain ne parvient pas à rendre compte : un mystère subsiste et éveille la curiosité du lecteur pour ce personnage qui prend vie sous ses yeux de façon réaliste.

II. Un portrait réaliste

1. La stratégie de Balzac pour faire croire au personnage

Balzac fait en sorte que le lecteur croie à l'existence du personnage.

• Le mystérieux vieillard rencontre un personnage-témoin authentique (Poussin est un grand peintre du XVIIe siècle) ; cela confère au personnage une part de la propre réalité de Poussin.

• La scène se déroule dans un contexte spatiotemporel vraisemblable : l'« escalier » qui mène chez Porbus, autre peintre célèbre du Grand Siècle.

• La mention du « jour faible » de l'escalier et l'allusion à Rembrandt ¬complètent l'atmosphère picturale dans laquelle se forme notre représentation du personnage.

2. Le regard de Nicolas Poussin : du haut de l'escalier

• L'organisation du portrait correspond d'abord au point de vue que Poussin en a du haut de l'escalier dans lequel s'engage à son tour le vieillard : il le regarde en « plongée ».

• Il en a une perception d'ensemble, en mouvement, remarque d'abord la « magnificence du rabat de dentelle » qui lui couvre les épaules (de son point de vue, Nicolas Poussin ne peut

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