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Le fumeur, Saint Amand

Commentaire d'oeuvre : Le fumeur, Saint Amand. Recherche parmi 303 000+ dissertations

Par   •  2 Janvier 2026  •  Commentaire d'oeuvre  •  994 Mots (4 Pages)  •  13 Vues

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Introduction

Le sonnet le fumeur de Saint Amand proposé est un poème de forme fixe composé de quatorze vers en alexandrins, répartis en deux quatrains et deux tercets, ce qui correspond à la structure traditionnelle du sonnet classique. Ce poème met en scène un je lyrique plongé dans la mélancolie, assis seul, fumant sa pipe, méditant sur la cruauté de son destin. À travers une scène simple et quotidienne, le poète développe une réflexion profonde sur l’illusion de l’espoir, comparée à la fumée du tabac, éphémère et vaine.

Ce texte s’inscrit dans une tradition poétique morale et méditative, où l’expérience personnelle devient le point de départ d’une réflexion universelle sur la condition humaine. Le poète oppose constamment l’espoir et la désillusion, l’élévation et la chute, pour finalement conclure sur une vision pessimiste de l’existence.

Problématique :
Comment le poète transforme-t-il une scène quotidienne en une méditation poétique sur la vanité de l’espoir et la souffrance humaine ?

Pour répondre à cette question, nous verrons d’abord comment le poète met en scène une profonde mélancolie personnelle, puis comment l’espoir apparaît comme une illusion trompeuse, avant d’analyser la portée morale et philosophique de la chute du sonnet.

I. Une scène d’introspection marquée par la mélancolie et la solitude

A. Une posture physique qui reflète l’état moral du poète

Dès le premier vers, le poète se représente dans une posture précise :

« Assis sur un fagot, une pipe à la main »

Le verbe « assis » suggère l’immobilité, voire l’abattement. Le « fagot », objet rustique et pauvre, évoque une condition modeste, presque misérable. Cette simplicité matérielle reflète une pauvreté morale et existentielle. La pipe, objet central du poème, devient un symbole ambigu : à la fois réconfort momentané et source d’illusion.

La posture est complétée par le second vers :

« Tristement accoudé contre une cheminée »

L’adverbe « tristement » introduit explicitement le sentiment dominant du poème. Le geste de s’accouder traduit une lassitude physique, comme si le corps peinait à se tenir droit. La cheminée, lieu du feu et de la chaleur, contraste ironiquement avec la froideur morale du poète, renforçant son isolement.

B. Un portrait psychologique dominé par la souffrance intérieure

Le champ lexical de la tristesse est omniprésent :

« Les yeux figés vers terre »,
« l’âme mutinée »,
« cruautés »,
« sort inhumain »

L’expression « les yeux figés vers terre » suggère une absence d’espoir et un refus de regarder l’avenir. Le regard tourné vers le bas est traditionnellement associé à la honte, à la résignation ou au désespoir.

L’oxymore implicite dans « l’âme mutinée » est particulièrement intéressant : une mutinerie est une révolte, mais ici elle ne mène à aucune action. L’âme se rebelle intérieurement sans pouvoir changer le réel. Cette tension souligne l’impuissance du poète face à son destin.

Enfin, l’expression « sort inhumain » personnifie le destin, présenté comme cruel et injuste. Cette personnificationaccentue le sentiment de persécution et d’injustice.

II. L’espoir comme illusion séduisante mais trompeuse

A. Une personnification de l’espoir

Dans le second quatrain, l’espoir devient presque un personnage :

« L’espoir qui me remet du jour au lendemain »

Le verbe « remet » suggère une guérison temporaire, comme un soulagement fragile.

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