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Une histoire remplie de pittoresque

Commentaire d'oeuvre : Une histoire remplie de pittoresque. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  28 Février 2014  •  Commentaire d'oeuvre  •  807 Mots (4 Pages)  •  348 Vues

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- Un récit empreint de pittoresque

Le poète s'attache à développer un récit plein de vivacité et de charme, dans les neuf premiers vers. Il s'agit bien de peindre une scène bucolique : « ut pictura poesis » (Horace, Art poétique). Les indications concrètes sont nombreuses et précises.

Sur le moment d'abord : l'enjambement du vers 1 à 2 contribue à mettre en valeur ce moment précieux où une saison s'efface devant l'autre. Le printemps triomphe de l'hiver caractérisé ici par un choix précis d'adjectifs évoquant l'hostilité : « morne » vers 2. La douceur du printemps est ensuite mise en valeur au travers de la métaphore de « herbette emmiellée » (vers 3) donc douce et sucrée, adjectif mélioratif qui forme un contraste saisissant à la rime avec « gelée » du vers 2.

Le lecteur suit ensuite les déplacements du chevreuil grâce aux nombreuses indications de lieu du poème : « hors de son bois » (vers 4), « or' sur un mont, or' dans une vallée » (vers 6), « or' près d'une onde » (vers 7). Mise en valeur de ces déplacements grâce au jeu sur les alternatives à l'intérieur du vers 6, un rythme binaire qui établit un strict parallélisme entre les deux hémistiches. Les verbes de mouvement contribuent aussi au dynamisme de la scène, souvent mis en valeur en fin de vers : le verbe « s'enfuit » à la fin du vers 4 qui trouve comme un écho lointain au vers 8 avec « conduit ». Ronsard s'attache donc à décrire l'élan heureux d'un animal sauvage qui ne connaît que sa seule loi, comme le montre le choix des adjectifs au vers 8 : « libre, folâtre ».

Il s'agit aussi de montrer le sentiment de sécurité dans lequel vit l'animal, inconscient des dangers qui le menacent : le vers 5 souligne cette tranquillité insolente, bien mise en valeur également par le jeu discret des sonorités et l'anaphore de « et » : « Et seul, et sûr [...] ». Discrète allitération en [s] reprise ensuite par la chuintante en [ch] qui donne un sentiment de légèreté comme aérienne. Cet insolent sentiment de sécurité est souligné par la double négation du vers 9 : l'inversion syntaxique fait ressortir la tranquillité du chevreuil qui vit dans l'ignorance des « rets » et des « arcs », c'est-à-dire des pièges qui guettent toute proie.

La rupture alors introduite au vers 10 par l'adverbe « sinon » qui a ici une valeur privative n'en paraît du coup que plus forte tant elle est brutale. Deux vers suffisent à montrer la mort brutale du chevreuil, victime d'un « trait meurtrier » (vers 11) : la synérèse sur « meurtrier » permet de faire ressortir le rythme du décasyllabe en 4//6. La violence cruelle de cette mort est ensuite soulignée par l'image du sang et la redondance discrète induite par la reprise « empourprée de son sang » (vers 11).

II- La théâtralisation et mise en scène du coup de foudre amoureux

a. Comparaison entre le poète et le chevreuil

Le poème repose sur une comparaison dont les termes sont

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