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Un Amour De Swan Fiche De Lecture

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Par   •  28 Mars 2012  •  1 356 Mots (6 Pages)  •  3 374 Vues

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UN AMOUR DE SWANN »

Elevé dans un milieu bourgeois, cultivé et marqué par un entourage féminin, Proust se lance d'abord dans des études de droit, puis de lettres, pour finir par intégrer le milieu artistique et mondain de Paris. Là, il entame une carrière de journaliste chroniqueur, voyageant en Europe, travaillant à ses heures à un roman qui semble ne jamais pouvoir s'achever : A la recherche du temps perdu, écrit entre 1908 et 1922 soit sept tomes, dont les trois derniers paraitront après la mort de leur auteur.

« Un amour de Swann », court et indépendant du reste de l'œuvre, deuxième partie de « Du côté de chez Swann », est souvent publié séparément. Proust y délaisse la première personne, le personnage principal étant Charles Swann (bien qu’on ne puisse douter qu’il soit un alter ego de l’auteur).

Ce sont les hauts et les bas sentimentaux, les méandres de la psychologie, l’intensité des émotions de ce personnage, que Proust tente de saisir et de décrypter en plus de 250 pages.

Swann rencontre Odette, qu’il ne connaît pas ou peu et qui l’introduit chez les Verdurin, bourgeois parvenus, véritables entremetteurs qui forment autour d’eux « un clan » dont les réunions seront le socle de la relation naissante de Swann et Odette.

Cette fille, qu’il décrit lui-même comme « banale », « pas son genre » et intellectuellement et culturellement bien faible par rapport par lui, semble l’admirer, l’idolâtrer. Et Swann prend plaisir à se faire son Pygmalion, à la plaindre mièvreusement. On ne sait alors s'il l’apprécie pour sa simplicité, ce qu’elle pourrait devenir grâce à lui ou encore parce qu’il sait justement qu’elle ne sera jamais telle qui le désire. Mais cet homme, détaché et presque méprisant parfois, se trompe alors s'il croit être totalement maître de ses sentiments, car cette banalité, devient une nouveauté, le centre de ses attentions. Tout semble se cristalliser autour d’elle, et c’est un beau jour qu’en étant pris par sa ressemblance avec un Botticelli, lui qui ne cesse de comparer tableaux et visages, Swann est frappé, comme dans tout nouvel amour, par la monotonie qu’il se rappelle de son ancienne vie, maintenant qu’il découvre Odette.

Mais c’est un amour obsessionnel, frustrant des deux côtés, qui distille lentement son poison dans son cœur.

Tout se rapporte alors à Odette, c’est sa présence, son souvenir, le moindre mot pouvant le faire penser à elle qui font son bonheur : Il recherche les autres uniquement dans le cadre où ils auraient pu avoir échanger un mot avec elle, il frémit au nom des lieux où elle est allée sans lui. Car la jalousie est une souffrance constante pour Swann. Il met un point d’honneur à se lancer tous les jours et à chaque seconde dans une recherche frénétique de l’emploi du temps de sa maîtresse. Il tremble à l’idée qu’il sait si peu de choses sur elle, sur son passé, sur ses occupations en dehors de lui. Mais, par crainte, de la décevoir, de l’agacer, il ne pose pas de questions, rampe, se reproche tout haut de lui avoir posé la question alors qu’il découvre qu’elle l’a trompé et la laisse alors l’accuser de ne vouloir que l’embarrasser, l’attrister.

Il passe par des périodes de sentiments antagonistes qui font place à une grande ambiguïté : la haine, le reproche, le regret, la passion puis l’espoir se succèdent sans répit dans son coeur. Sa vie sociale se réduit peu à peu. Proust nous apporte d’ailleurs ponctuellement l’avis navré des autres sur le pauvre Swann, sans que jamais personne ne semble vouloir lui venir en aide.

Ce combat acharné que le personnage mène contre lui-même ne semblant jamais vouloir s’arrêter, le lecteur se voit souvent poussé à bout, tiraillé entre la pitié et la colère, mal à l’aise et se demande alors s'il doit prendre parti. Pour Swann, qui se laisse couler et en est conscient, pour Odette, qui, on le sait, lui ment, le trompe ? Lequel des deux est le plus à plaindre et lequel des deux a le plus à se reprocher

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