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En attendant Godot, Becket

Dissertation : En attendant Godot, Becket. Recherche parmi 237 000+ dissertations

Par   •  5 Mai 2012  •  Dissertation  •  3 239 Mots (13 Pages)  •  2 084 Vues

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1) Présentation du texte :

- l'auteur : Samuel Becket (1906-1989) : d'origine irlandaise ; également romancier ; prix Nobel ; un des créateurs du Nouveau Théâtre avec Genet Ionesco

- En attendant Godot : pièce tragique en deux actes en prose, parue en 1952 aux Éditions de Minuit et créée dans une mise en scène de Roger Blin à Paris au théâtre Babylone en 1953

- pièce emblématique de ce que l'histoire littéraire appelle le « théâtre de l'absurde » ou "nouveau théâtre"

- registre de l'absurde

- période de renouveau du théâtre répondant aux attentes d'un nouveau public, plus jeune, plus intellectuel, attiré par des formes et des thèmes neufs

- allégorie de la condition humaine vouée au vide, au dépérissement, à la bêtise et à l'ignorance...

- extrait : scène d'exposition / incipit : la pièce nous présente deux clochards, Vladimir et Estragon, qui attendent un personnage nommé Godot qui leur est inconnu, dont ils ne savent pas ce qu’ils attendent de lui, et dont ils ne sont pas sûrs de sa venue ; s’engage entre les deux mendiants une conversation où se succèdent les plaintes, les souvenirs, les interrogations et leurs réconciliations, sans autre objectif que de faire passer le temps en attendant la venue de Godot.

2) Composition et projet de lecture :

- en trois parties :

1) de "Route à la campagne" à "Rien à faire" : didascalie initiale et 1° réplique d'Estragon = tout début de l'oeuvre, Beckett rompt d'emblée avec l'incipit traditionnel : description et décor dépouillés, situation burlesque ; présentation d'un personnage loufoque: Estragon

2) de "VLADIMIR (s'approchant à petits pas raides" à "Silence" : dialogue entre les deux personnages principaux ; sont heureux de se revoir malgré une volonté de séparation exprimé par Estragon ; médiocrités et faiblesses de la condition humaine (clochards battus)

3) de "VLADIMIR : Quand j'y pense... " à la fin de l'extrait : discussion s'engage sur le rapport avec autrui ; la souffrance ; notons une exhibition du corps

- Il s'agira de montrer comment Beckett dans l'incipit d'En attendant Godot semble prendre à rebours les conventions dramatiques à travers le motif de l'attente dans un désir de renouvellement dramatique. Nous décèlerons en effet dans cette scène d'exposition les caractéristiques du Nouveau théâtre dont use Becket pour peindre avec dérision et humour le désespoir et l'absurdité de la condition humaine.

3) explication linéaire :

le titre :

- informe sur le contenu de l'oeuvre (suggère la thématique de l'attente)

et attire l'attention ici par son caractère surprenant et énigmatique :

forme apersonnelle du gérondif = qui attend? Le lecteur ; les personnages de la pièce ; l'humanité tout entière? ;

forme atemporelle du gérondif « en attendant » souligne un aspect imperfectif = combien de temps allons-nous attendre? Pendant toute la pièce?

Le complément d'objet « Godot » : nouveau mystère ; personnage énigmatique, vide et absent qui n'apparaîtra pas dans la pièce ; qui est Godot? Représente Dieu? (substantif anglais God contenu dans le nom)

= le lecteur/ spectateur est lié à cette attente : en regardant la pièce, nous attendrons la venue de Godot et nous regarderons deux personnages l'attendre

= le titre inscrit d'emblée l'absence de limite à l'action ; le temps est en effet imprécis

= angoissante question de l'existence est posée

Première partie :

- écriture didascalique chez Beckett ne ressemble en rien aux écritures conventionnelles de la plupart des pièces contemporaines = rupture avec la tradition de l'écriture didascalique

- fonction des didascalies : organiser un espace scénique et une dynamique

- information (ici entrée des deux personnages principaux à tour de rôle : E. puis V. ; d'où viennent-ils? pourquoi sont-ils séparés? question du rapport à autrui est suggérée) et direction de lecture

- effacement de la personne du dramaturge ; écriture objective, neutre

- groupes nominaux installent la scène "route à la campagne, avec arbre", puis son éclairage "Soir"; ses phrases nominales sont elles-même mises en ligne par des retours à la ligne, des sauts de ligne = B. plante son décor ; décor sobre, dépouillé, peu d'information

- verbes au présent (de référence) : "essaie", "acharne", "arrête", "repose", "recommence", "entre" : verbes d'action = priorité aux mouvements des corps, à l'occupation de l'espace scénique (poétique du nouveau théâtre) = importance des jeux de scène, d'une dramaturgie concrète

- découverte des actions des personnages

- corps souffrant, fatigué : "assis", "en ahanant", "à bout de forces", haletant" = esthétique de l'affaiblissement

- nombreuses répétitions "recommence", "même jeu" = personnages, comme des machines ; mécanisme sans fin

- Estragon est définie par l'intermédiaire de sa chaussure = approche métonymique de l'homme

- décors : accessoires "pierre" et vêtements "chaussure" = objets prennent du sens

- pratiquement aucune description physique des personnages

- souci de concision du dramaturge : il suggère

DESIR DE RENOUVELLEMENT DRAMATIQUE

UNE DIDASCALIE INITIALE A REBOURS DES CONVENTIONS THEATRALES :

= décor simplifié à l'extrême ; espace ouvert

= scène est comme un lieu blanc, neutre, vide où l'homme semble dénudé, démuni

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