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En Attendant Godot, Beckett, Scène D'exposition Bac

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Par   •  2 Juillet 2013  •  1 816 Mots (8 Pages)  •  3 927 Vues

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BECKETT, En attendant Godot – Lecture analytique n°1

La scène d’ « exposition » (du début à « Estragon agite son pied, en faisant jouer les orteils afin que l’air y circule mieux », pp. 9-12)

Introduction :

Après la première et la deuxième guerres mondiales, la société de la seconde moitié du XXème siècle aspire au changement dans une volonté de s'éloigner de la violence et des barbaries. Ces changements se traduisent dans le théâtre de l'absurde par un emprunt à la tradition mais l'accession à une forme de modernité.

Auteurs : Ionesco (Roumain), Beckett (Irlandais), Adamov (Russe).

En attendant Godot a été publié en 1952 par Samuel Beckett (prix Nobel de littérature 1969), narre l'attente de deux personnages étranges : Vladimir et Estragon. Le titre est énigmatique : gérondif, on dirait qu’il ne se passe rien « en attendant ».

La scène d'exposition de En attendant Godot s'inscrit dans la modernité et est déroutante pour le spectateur.

Ecrit en 1948, cette pièce en deux actes, fait en découpage scénique, publié en 1952, fut représenté pour la première fois en 1953 dans une mise en scène de R. Blin. Beckett n'est alors connu et apprécié que par un nombre de lecteur très restreint. D'abord dérouté (lors des premières représentation certains quittaient la salle) le public fut peu à peu conquis : 1 million d'entrée en 5 ans.

==> intérêt de la pièce d'exposition : une ouverture bien différente à laquelle les spectateurs étaient habitués, (années 50).

I.UN DEBUT DE PIECE QUI TRANSGRESSE LES REGLES TRADITIONNELLES DE L’EXPOSITION THEATRALE

Traditionnellement, une scène d’exposition => fonction informative : éléments nécessaires à la compréhension de la situation initiale : lieu, époque, personnages, données de l’intrigue.

Ici, cette fonction est extrêmement réduite : qqs indications très partielles et ambiguës lui sont données.

1) Des indications spatio-temporelles imprécises :

→ La didascalie initiale => le lieu et le moment de l’ « histoire ».

¤ « route de campagne avec arbre » => lieu d’errance désert, un no man’s land

Un espace abstrait , l’absence d’article => un espace conceptuel qui ne favorise pas l’illusion du réel.

Cette indication fait penser à un titre de tableau allégorique, la route symbolisant traditionnellement le destin de l’homme. Le lecteur comprend d’emblée qu’il s’agit d’un lieu symbolique.

¤« soir ». L’absence d’article => un soir cô les autres, pas particulier.

=>Impression → la pièce se déroule dans un temps qui lui est propre, hors du temps humain.

=> Impression que la pièce ne commence pas ici mais qu’elle recommence.

→ Au total, un espace-temps flou, abstrait, symbolique

2)Personnages, dont on n’apprend que très peu de choses (mê chose).

→ lecteur => informé du nom des deux personnages

spectateur => que Vladimir, (parle de lui-même en s’apostrophant).

→ Perso eux-mêmes doute de leur identité : Estragon : « Tu crois ?» => l’impression qu’il doute de sa propre identité et du fait qu’on puisse le reconnaître.

→ Les costumes n'individualise pas les 2 personnages : dans les différentes représentations de la pièce, ils portent les mêmes vêtements défraîchis et le même chapeau (seule indication donnée par Beckett)

→ Leur âge : âgés, mais rien de précis. Ils se connaissent depuis longtemps : Vladimir évoque avec nostalgie un passé heureux : « On portait beau alors ». Une date, symbolique, est mentionnée : 1900, càd la « Belle époque »…

→ situation actuelle pas claire : d’où ils viennent ? comment ils vivent ? (réponses évasives d’E. aux questions de V.)

→ Qqs éléments => des exclus, vagabonds : E. a dormi dans un fossé et a été battu.

→ Perso tyrannisés par leur corps.=> souffrances : E. a mal aux pieds (il tente non sans mal – il « ahane » - d’enlever sa chaussure à plusieurs reprises ; V. est incontinent (il a oublié de se boutonner, démarche difficile…)

Des représentants de l’humanité universelle qui doute et vit dans le dénuement.

3)L’enjeu de la pièce, à ce stade, demeure une interrogation

(l’attente de Godot=> 1ère fois qu’après la référence biblique des larrons crucifiés en même temps que le Sauveur).

→ On ne sait pas pourquoi les personnages sont là ni ce qui peut se passer. qui tradition : entrent dans une action dramatique plus ou moins clairement définie,

→ E. et V. semblent en quête d’action, de dialogue - d’un rôle. Mais comme le laisse entendre la première réplique (« Rien à faire »), cette quête, d’emblée, semble vaine.

E. parviendra-t-il à enlever sa chaussure ? Tel semble être, finalement, le seul enjeu du passage…

II.UNE SCENE COMIQUE

1) Deux personnages antithétiques : des contrastes comiques

→ Contraste entre la sollicitude de V. à l’égard d’E. (intérêt : « je suis content de te revoir », fêter leurs retrouvailles, l’embrasser, tend la main, lui demande s’il a été battu) et l’indifférence d’E., => + préoccupé par sa chaussure que par V., qui en est « froissé » ( sécheresse du ton d’E., marquant son agacement, son irritation ; ses réponses évasives et elliptiques)

→ V. : homme du passé (l’évocation de son « combat » passé pour survivre, avec ses phases d’espoir et de découragement, le rend songeur ; il évoque avec nostalgie la belle époque de leur vie, vers 1900)

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