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Commentaire Du roman Le Chef-d'œuvre Inconnu de Balzac

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Par   •  13 Janvier 2013  •  1 603 Mots (7 Pages)  •  635 Vues

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Introduction

Le Chef-d'œuvre inconnu est un très bref roman de Balzac, une œuvre de jeunesse qui tout en témoignant de l'ambition réaliste de l'auteur révèle également de sa part un goût relativement romantique pour le fantastique. Au tout début de l'œuvre, le jeune Nicolas Poussin, tout juste arrivé à Paris, croise dans l'escalier du peintre Porbus, qu'il voudrait avoir pour maître, un vieillard énigmatique, Frenhofer, un peintre lui aussi dont il ignore encore l'identité. Cette rencontre donne lieu à un portrait très évocateur du personnage qui éveille d'emblée la curiosité du lecteur. En effet, en présentant cet être mystérieux, la description oscille entre réalisme et fantastique tout en présentant ce peintre comme un véritable sujet pictural. Comment ce passage offre-t-il un portrait saisissant de Frenhofer ? Nous verrons tout d'abord comment le texte offre une description assez réaliste d'un riche vieillard. Nous étudierons ensuite comment ce portrait s'apparente à un véritable tableau et rappelle le principe de l'ecphrasis. Nous montrerons enfin que Frenhofer se caractérise par sa dimension énigmatique.

I. La description réaliste d'un riche vieillard

1. Un vieillard assez laid

Le narrateur décrit de façon réaliste Frenhofer tout en insistant sur son grand « âge », ce terme est d'ailleurs répété, de même que le nom « vieillard » utilisé pour le désigner. La vieillesse des traits du peintre et leur déformation sont accentuées par la présence de termes négatifs tels que « ridée », « ternis » ou « flétri ». Le passage des années et le poids des soucis ont marqué le corps du vieil homme de leur empreinte comme le souligne le narrateur dans un commentaire au présent de vérité générale en évoquant les « fatigues de l'âge, et plus encore […] ces pensées qui creusent également l'âme et le corps ». De même, l'absence de pilosité du personnage, qui hormis la barbe grise n'a plus ni cheveux, ni cils, ni sourcils, semble renforcer sa vieillesse et la faiblesse de son « corps fluet et débile » mais aussi sa laideur suggérée avec réalisme par le narrateur. En effet, le visage du vieillard se caractérise par des traits saillants et assez disproportionnés comme le révèle l'accumulation d'adjectifs qualifiant le front « chauve, bombé, proéminent, retombant en saillie » puis le nez « écrasé, retroussé du bout », ainsi que la comparaison de ce dernier avec celui de « Socrate ». Cependant, ce vieillard plutôt laid et flétri est aussi remarquable par son caractère imposant et la richesse de son vêtement.

2. Un personnage imposant

Dès leur première rencontre, le jeune Poussin est impressionné par l'apparition de Frenhofer, comme le signale son attitude déférente, puisqu'il lui fait place dans l'escalier. Le jeune homme perçoit en lui un personnage important, cette intuition étant justifiée par une énumération de compléments selon un rythme ternaire : « à la bizarrerie de son costume, à la magnificence de son rabat de dentelle, à la prépondérante sécurité de la démarche ». Par ailleurs, le costume de Frenhofer semble particulièrement soigné et riche. Le narrateur utilise des termes élogieux pour le caractériser : outre sa « magnificence », la dentelle de son col se caractérise par une blancheur « étincelante ». Son pourpoint s'orne également d'une « lourde chaîne d'or ». Même si sa tenue a quelque chose d'étrange et de déjà suranné, avec son « rabat de dentelle » appartenant à une autre époque, même si le narrateur ne manque pas de souligner son incongruité par une comparaison relativement inattendue et amusante qui associe la dentelle du col à « une truelle à poisson », le personnage présente donc une apparence imposante et raffinée, qui contraste singulièrement avec ses traits flétris et peu harmonieux. Cette description offre ainsi une image réaliste de Frenhofer, encore renforcée par l'impression qu'il s'agit véritablement d'un tableau que le narrateur nous donne à voir.

II. Un tableau

1. La précision

La description de Frenhofer est très précise et détaille avec minutie, après avoir donné une vue d'ensemble du personnage, les différents éléments de son visage en passant en revue le front, le nez, la bouche, le menton, la barbe, les yeux au sein d'une longue phrase complexe qui joue sur des effets d'accumulation et comporte également de très nombreux adjectifs ou participes comme dans l'expression suivante : « un menton court, fièrement relevé, garni d'une barbe grise taillée en pointe ». La figure de Frenhofer se dessine peu à peu, à mesure que sont évoquées les parties de son corps et de sa tenue, d'autant plus que le narrateur semble associer le lecteur lui-même à l'organisation et à la création de ce portrait. En effet, le narrateur, mettant ainsi à mal l'illusion réaliste, s'adresse directement au lecteur en utilisant plusieurs impératifs comme « imaginez », « mettez », « entourez » ou « jetez », comme pour mieux structurer la description du personnage et lui donner

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