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Biographie d'Emile-Auguste Chartier, dit Alain

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Par   •  27 Octobre 2014  •  Commentaire de texte  •  1 928 Mots (8 Pages)  •  1 272 Vues

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Biographie d'Emile-Auguste Chartier, dit Alain

Fils d'un vétérinaire, Emile-Auguste Chartier (1868 - 1951), dit Alain, est un professeur de philosophie, philosophe, essayiste et journaliste. Après l'Ecole Normale Supérieure, il est reçu à l'agrégation de philosophie puis est nommé professeur successivement à Pontivy, Lorient, Rouen et à Paris (lycée Condorcet, puis au lycée Michelet).

A partir de 1903, Emile-Auguste Chartier publie dans la Dépêche de Rouen, sous la signature d'Alain, les Propos du dimanche, puis les Propos du lundi sous forme de chroniques hebdomadaires. Devenu professeur de Khâgne au lycée Henri IV en 1909, il exerce une influence profonde sur ses élèves (Raymond Aron, Simone Weil, Georges Canguilhem...).

L'auteur utilisa différents pseudonymes entre 1893 et 1914. Il signe « Criton » sept "Dialogues" adressées à la très universitaire Revue de métaphysique et de morale (dans laquelle il signe par ailleurs plusieurs articles de son vrai nom) ; il signe « Quart d'œil » ou encore « Philibert » ses pamphlets dans La Démocratie rouennaise, journal éphémère destiné à soutenir la campagne du député Ricard à Rouen ; enfin « Alain » pour signer différentes chroniques dans La Dépêche de Lorient (jusqu'en 1903) puis dans La Dépêche de Rouen et de Normandie de 1903 à 1914.

L'adjectif utilisé et dérivé de son nom est alinien

A l'approche de la guerre, Alain milite pour le pacifisme. Lorsque celle-ci est déclarée, sans renier ses idées, et bien que non mobilisable, il s'engage pour satisfaire ses devoirs de citoyen. Brigadier de l'artillerie, il est démobilisé en 1917 avec un pied broyé.

Ayant vu de près les atrocités de la Grande Guerre, Alain publie en 1921 son célèbre pamphlet Mars ou la guerre jugée. Sur le plan politique, il s'engage aux côtés du mouvement radical en faveur d'une république libérale strictement contrôlée par le peuple. Considérant que la seule liberté de l'homme est celle de l'esprit, Alain enseigne dans des universités populaires. Bien que n'ayant jamais adhéré au socialisme, il manifeste de la sympathie pour les mouvements ouvriers et pour le syndicalisme. Jusqu'à la fin des années 30, son œuvre est guidée par la lutte pour le pacifisme et contre la montée des fascismes. En 1936, une attaque cérébrale le condamne au fauteuil roulant.

Alain met au point à partir de 1906 le genre littéraire qui le caractérise, les Propos. Ce sont de courts articles, inspirés par des événements de la vie de tous les jours qui couvrent presque tous les domaines.

Les maîtres à penser d'Alain furent Platon, Descartes, Spinoza, Kant et Auguste Comte. Le but de sa philosophie est d'apprendre à réfléchir et à penser rationnellement en évitant les préjugés. Humaniste cartésien, il est un "éveilleur d'esprit", passionné de liberté, qui ne propose pas un système ou une école philosophique mais apprend à se méfier des idées toutes faites. Pour lui, la capacité de jugement que donne la perception doit être en prise directe avec la réalité du monde et non bâtie à partir d'un système théorique.

Alain, dont la vie coïncide presque avec la IIIe république, est un radical au sens de la fidélité aux idées ayant fondé la République. C'est grâce à elle, qu'issu du peuple, il a pu développer son génie et rejoindre l'élite intellectuelle.

Alain perd la foi au collège sans en ressentir de crise spirituelle. Bien qu'il ne croie pas en Dieu et soit anticlérical, il respecte l'esprit de la religion. Il est même attiré par les phénomènes religieux qu'il analyse avec beaucoup de pertinence. Dans "Propos sur la religion" et "Propos sur le bonheur" on sent transparaître, un peu comme chez Auguste Comte, une certaine fascination pour l'Evangile dans lequel il voit un beau poème et pour le catholicisme qu'il perçoit, en en reprenant l'étymologie, comme un "accord universel".

Citations d'Alain :

"Penser n'est pas croire. ...

L'intelligence c'est ce qui, dans un homme, reste toujours jeune. Je la vois en mouvement, légère comme un papillon ; se posant sur les choses les plus frêles sans seulement les faire plier. ...

Lorsque l'on croit, l'estomac s'en mêle et tout le corps est raidi ; le croyant est comme le lierre sur l'arbre. Penser, c'est tout à fait autre chose. On pourrait dire : penser, c'est inventer sans croire."

(Emile Chartier, dit Alain / 1868-1951 / Propos d'un Normand de 1908 / 15 janvier 1908)

"Nous sommes empoisonnés de religion. Nous sommes habitués à voir des curés qui sont à guetter la faiblesse et la souffrance humaines, afin d'achever les mourants d'un coup de sermon qui fera réfléchir les autres. Je hais cette éloquence de croque-mort. Il faut prêcher sur la vie, non sur la mort ; répandre l'espoir, non la crainte ; et cultiver en commun la joie, vrai trésor humain. C'est le secret des grands sages, et ce sera la lumière de demain."

(Emile Chartier, dit Alain / 1868-1951 / Propos sur le bonheur / 5 octobre 1909)

"Il se produit sans doute quelque résistance du même genre chez les libres penseurs, lorsqu'ils se sont convaincus que les objets de la religion n'existent pas ; ils nient alors les apparences, et, par exemple, les effets de la prière, parce qu'ils sont assurés qu'aucun Dieu n'écoute la prière. Mais il se peut bien qu'une telle action s'explique sans aucun Dieu, par un jeu de sentiments qui est apparence, il est vrai, et trompeuse, à l'égard de Dieu, mais qui soit très réelle et efficace par la structure de notre propre machine. Et c'est pourquoi je voudrais voir, dans les programmes de leurs congrès, cette question, fondamentale à mon avis : de la vérité des religions."

(Emile Chartier, dit Alain / 1868-1951 / Propos I, 22 août 1912)

"Dans le fond le métier de penser est une lutte contre les séductions et apparences. Toute la philosophie se définit par là finalement. Il s'agit de se délivrer d'un univers merveilleux, qui accable comme un rêve, et enfin de vaincre cette fantasmagorie. Sûrement de chasser les faux dieux toujours, ce qui revient à réduire cette énorme nature au plus simple,

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