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L'art Imite-t-il La Nature?

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Par   •  15 Février 2013  •  1 193 Mots (5 Pages)  •  1 422 Vues

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L’œuvre d’art consiste-t-elle en une imitation de la nature ?

Hegel a dit dans l’Esthétique que « l’art, quand il se borne à imiter, ne peut rivaliser avec la nature et qu’il ressemble à un ver qui s’efforce en rampant d’imiter un éléphant ». Ce jugement, très sévère apparemment, affirme à la fois l’impossibilité et le peu d’intérêt d’un « art » qui se limiterait à imiter simplement la nature. La nature aurait, selon cette vue, un pouvoir créateur bien supérieur à celui de l’homme. Il est vrai que le mot « imiter » peut, certes, avoir le sens de copier, de reproduire servilement quelque chose existant déjà antérieurement ; mais il est également vrai que l’on accorde volontiers à de très nombreuses œuvres le rang d’œuvre d’art alors que celles-ci semblent bien reproduire quelque chose de la nature. Un portrait, par exemple, ou un paysage, en peinture ou en photographie, ne sont-ils pas des œuvres qui n’existent que parce qu’il y a imitation d’une « nature » prédonnée ? C’est pourquoi il est nécessaire de se demander dans quelle mesure une imitation de la nature peut être qualifiée d’œuvre d’art.

Pour répondre à cette question, il est nécessaire de s’interroger sur l’essence de l’œuvre d’art : qu’est-ce qui fait qu’une œuvre est une œuvre d’art ?

Pour commencer, il convient de s’interroger sur la capacité qu’a l’artiste à reproduire fidèlement la nature. En effet, l’on peut se demander si cela est seulement possible. Toutes les formes d’art que nous connaissons ne reproduisent, quand elles reproduisent, qu’une partie de la nature, l’un ou quelques uns seulement de ses aspects. Par exemple, la peinture nous rend compte de l’aspect visuel de la nature, mais non du son ou de l’odeur. De plus, toute peinture ne nous présente qu’un seul point de vue. L’on voit donc que même une peinture techniquement très maîtrisée ne peut rendre complètement la nature. De même, la photographie, qui reproduit apparemment fidèlement (objectivement, serait-on tenté de dire) la nature n’offre pas les mêmes sensations que le fait d’être réellement face à la nature.

Bien plus encore, on peut se demander quel serait l’intérêt d’une œuvre issue d’un tel « art ». En effet, en admettant qu’il soit possible de façonner une copie strictement conforme de la nature, quel en serait l’intérêt ? Pourquoi ne pas aller plutôt directement dans la nature, la vraie ? Y aurait-il quelque intérêt, quelque authentique plaisir esthétique à la pure artificialité ? Il est vrai qu’une telle copie permettrait au spectateur d’admirer la maîtrise technique de l’auteur. De plus, ce type d’œuvre pourrait avoir une fonction informative, comme de nombreuses œuvres d’art existantes. Cependant, est-ce cela qui fait l’art ? L’art est-il l’art par sa fidélité au modèle ? L’œuvre d’art n’existe-t-elle que pour représenter quelque chose qui existe déjà dans la nature ?

Il semble qu’au contraire l’art n’est art que lorsqu’il porte la marque de son auteur. Il n’y a pas d’art sans une subjectivité qui s’exprime. Ainsi, l’artiste peut tout à fait représenter la vision que son esprit a de tel ou tel aspect de la nature, ou se saisir d’un aspect de la nature comme prétexte à l’expression d’un aspect de sa personne. Il prend alors la nature pour modèle, il l’imite, certes, mais tout en réalisant une œuvre personnelle portant la marque de sa propre subjectivité.

L’on voit donc que si la finalité d’une reproduction conforme et impersonnelle paraît peu intéressante, il semble possible de produire une œuvre d’art dans toute sa dimension en imitant la nature au travers de la subjectivité

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