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Peut-on se demander ce qu'est une œuvre d'art ?

Dissertation : Peut-on se demander ce qu'est une œuvre d'art ?. Recherche parmi 299 000+ dissertations

Par   •  12 Mai 2013  •  Dissertation  •  915 Mots (4 Pages)  •  1 246 Vues

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Arrivant devant le musée du Louvre, j’admirerai les pyramides, me préparerai à voir La Vierge, l’enfant Jésus et Sainte Anne (v.1510) de Léonard (1452-1516) et je jetterai dans une poubelle à laquelle je ne prêterai aucune attention un papier usagé tout en marchant sur une feuille morte que je ne remarquerai pas. Qu’est-ce qui donc distingue une œuvre d’art d’un objet quelconque ?

On pourrait croire que l’œuvre d’art a une valeur esthétique qui manque à l’objet quelconque, c’est-à-dire à l’objet que nous rencontrons ordinairement. Mais l’art contemporain par l’usage de matériaux ou d’objets quelconques semble remettre en cause cette apparente distinction.

On peut donc se demander ce qui distingue une œuvre d’art d’un objet quelconque ?

Est-ce le génie de l’artiste ? N’est-il pas qu’une illusion ? Ou bien est-ce que l’œuvre d’art ne se distingue pas parce qu’elle donne à penser ?

On peut distinguer l’œuvre d’art de l’objet quelconque par les modalités de sa production. En effet, que ce soit un objet technique ou une chose naturelle, l’objet quelconque est fondamentalement interchangeable. Un brin d’herbe ou un crayon ressemble à un autre. C’est en cela qu’ils sont quelconques. Rien ne les distingue fondamentalement des autres objets de même nature. Ils sont des exemples d’une notion. Par contre, une œuvre d’art est unique. On peut la reproduire ou la représenter mais c’est toujours elle qui est présente. Il y a des tableaux ou des livres quelconques en ce qu’il donne l’impression du déjà vu comme la Sainte famille de Bernardino Luini (~1481-1532) démarquée d’un carton de « La Vierge, l’enfant Jésus et Sainte Anne » de son maître Léonard (1452-1516).

La raison en est que l’œuvre d’art est le produit du génie. On entend par là le don inné de produire des œuvres à nulle autre pareille. La forme que propose le génie, qui se montre à lui dans la création comme Alain le soutient dans le Système des beaux-arts, se distingue du concept qui précède l’objet technique ou qui permet de penser une multiplicité de choses naturelles.

Néanmoins, invoquer le génie, c’est invoquer une mystérieuse faculté qu’auraient les artistes qui les rendraient surnaturels. Dès lors, la distinction entre l’œuvre d’art et l’objet quelconque n’est-elles pas illusoire ?

L’œuvre d’art ne peut se distinguer de l’objet quelconque par les modalités de sa production. Il faut autant de talent pour inventer un objet technique, voire pour concevoir une chose naturelle que pour produire une œuvre d’art. Même si les inventeurs d’objets qui nous paraissent quelconques sont aussi inconnus que les peintres des grottes de Lascaux, ils ont dû essayer avant de créer. Un boomerang est aussi admirable qu’un air d’Aïda (1871) de Verdi (1813-1901). Et pour le savant, le moindre brin d’herbe recèle une complexité qui peut le conduire à penser la nature comme une sorte d’artiste.

En réalité, le génie n’est qu’une sorte d’illusion. C’est ce que montre Nietzsche avec raison dans Humain, trop humain. Tout inventeur travaille dans une seule direction. Tout lui sert à œuvrer. Le savant, le technicien ou l’artiste

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