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L'art Nous détourne-t-il De La réalité ?

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Par   •  4 Mai 2015  •  1 751 Mots (8 Pages)  •  932 Vues

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Le divertissement est une façon de se détourner. L’étymologie latine du mot divertissement le confirme clairement. L’artifice artistique peut proposer une « réalité alternative » et donc nous divertir de la véritable réalité tragique mais aussi banale au point de donner une sensation de « désert du réel ».

Cette clarification du paradoxe implique cependant une ambiguïté. Ce divertissement peut être positif aussi bien que négatif.

Il peut être positif s’il nous permet de mieux armer notre énergie vitale. L’art peut enchanter le banal. L’art peut nous familiariser au tragique par le biais de réalités alternatives dystopiques. Le détournement artistique de la réalité est alors vital. On pourrait accuser l’art de renoncer à la vérité désespérante ou au contraire la valoriser d’être une illusion nécessaire à la vie elle-même, la notion vérité étant au fond l’ennemi d’une volonté de vitalité.

Ce divertissement peut cependant être négatif puisque l’art peut être une stratégie d’évitement des questions existentielles. Le détournement artistique se voudrait un dépaysement de la réalité usuelle. Ce divertissement s’inscrirait dans une stratégie d’artifices pour ne pas faire face au tragique et au banal. Le détournement artistique risquerait alors d’être inauthentique.

Revenons au paradoxe énoncé précédemment. Il nous invite aussi à constater que le détournement artistique peut être sous un autre jour un retour à une réalité renouvelée dans sa perception.

Même l’oeuvre d’imagination pour être persuasive doit être crédible. La recherche de vraisemblance est donc une composante essentielle de la démarche artistique. Ce n’est pas donc par hasard que l’art pictural a développé la perspective qui a ensuite permis à la science de progresser dans la description du réel.

Quand l’art imite la réalité en cherchant la vraisemblance même si c’est pour nous divertir de la réalité usuelle, il rend crédible une vision renouvelée de la réalité. L’art change notre rapport à la réalité. Le détour artistique annonce ainsi un nouveau retour au réel.

Mais dès lors qu’est-ce qu’on appelle réalité ? Avoir le sens des réalités nous place du côté de l’utile et de l’efficace. Or à vrai dire l’art est un artifice qui peut nous rendre contemplatif nous libérant ainsi de ce réalisme assez plat pour nous ouvrir au réel tel quel dans sa fraîcheur sans cesse réactivée.

I - L’art non symbolique nous détourne de la réalité spirituelle transcendante.

A - L’art éloigne du réel car c’est une copie de copie de l’idée.

Exemple des 3 lits de Platon en République X. L’idée de lit qui seule en permet la réalisation et donc la réalité, le lit matérialisé par l’artisan qui est utile mais périssable, le simulacre de l’artiste qui n’en offre ni un plan ni la jouissance.

Le simulacre confond la réalité et le monde de la mortalité, il nous fait oublier la réalité éternelle. Le tragique et le banal seraient la résultante entre autres de ces simulacres.

B - La supériorité de l’art égyptien sur l’art grec selon les platoniciens.

L’art grec idéalise la jeunesse adolescente. Ses valeurs sont matérialistes au sens d’une valorisation des appétits démesurés du corps (sexualité, appropriation, reconnaissance). Mais comme ces valeurs sont insatiables et que la mortalité du corps fait obstacle à tout accomplissement matériel, cet art montre ensuite la dimension tragique inexorable de la vie. Mais si on retrouve la dimension symbolique de l’art égyptien, on peut redécouvrir la beauté de cette réalité intérieure de l’esprit. Cette réalité intérieure découvre des forces de conscience étrangères à la mort.

C - Transition critique :

Cette vision privilégie une réalité transcendante et aboutit à une condamnation ou une dépréciation de la vie matérielle. Au nom du spirituel, on condamne alors tel type d’art. N’y a-t-il un refus sous-jacent de la réalité inhérent à toute censure artistique ? On peut être un philosophe matérialiste sans tomber dans un consumérisme ignorant de toute spiritualité. L’harmonie artistique inclut dans une certaine mesure, quant à elle, l’immanence de la vie matérielle dans notre perception du réel.

II - L’art nous révèle des secrets de la réalité.

A - L’harmonie nous découvre un point de vue d’en haut où réalité et perfection coïncident.

L’harmonie peut intégrer l’imperfection relative dans une perfection plus grande. Notre regard sur le tragique et le banal peut en être transfiguré. Par exemple, l’art chrétien implique la crucifixion de l’innocent et en même temps son éternisation. L’harmonie montre que derrière l’apparent chaos du monde, il y a aussi un ordre de perfection en jeu. La vie matérielle n’est pas une simple dégradation ontologique de la réalité spirituelle immatérielle.

B - L’art nous libère du regard utilitaire sur le réel sensible en nous ramenant à sa perception première qui implique émerveillement, ravissement, étonnement, etc.

L’art est une expérience de la perception elle-même qui est l’expérience première du réel pour nous. La réalité sensible existe consciemment à travers nous. Par exemple, regarder un cube de Tony Smith est comme regarder un objet sans histoire qui se déploie en nous et qui finit par nous regarder. L’art nous libère de notre regard intentionnel et découvre la réalité d’une perception non intentionnelle dans laquelle l’objet déploie son être.

C - Transition critique : le sublime submerge la perception humaine.

Il faut donc reconnaître que notre perception humaine usuelle n’est pas la perception

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