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La culture peut-elle se passer de traditions ?

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Par   •  5 Avril 2018  •  Dissertation  •  2 134 Mots (9 Pages)  •  585 Vues

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La culture peut-elle se passer de traditions ?

« Un peuple qui ne connaît pas son passé, ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines. » a dit Marcus Garvey pour mettre en avant l’importance des traditions et du passé dans notre culture actuelle. De façon générale, on peut définir la notion de culture dans son opposition à celle de nature, la culture désignant tout ce que l’homme produit par lui-même, donc tout ce par quoi il se distingue du reste de la nature. Elle correspond ainsi à l’élaboration d’un monde humain, conçu à la mesure de l’esprit de l’homme et à travers un ensemble de technique, de coutumes, de croyances, de valeurs etc. Par ailleurs, la culture désigne aussi un processus, celui par lequel l’homme se cultive lui-même, c’est-à-dire accède à son humanité, elle apparaît comme ce qui permet de former un être libre et responsable. Ainsi l’homme crée des conditions d’une réflexion sur son existence qui se perpétue de génération en génération grâce à la mémoire et aux traditions. La tradition vient du latin traditio signifiant «acte de transmettre», elle relève d’un processus de transmission de doctrines, de légendes, de faits historiques, de pratiques, que ce soit dans les domaines religieux, moraux, politiques, économique, etc. Elle désigne également une manière habituelle d’agir ou de penser dans une région, un pays, une communauté. Quoi qu’il en soit c’est un héritage social et culturel du passé qui peut créer une relation de dépendance. Les questions qui se posent alors sont de savoir si ce transmetteur est légitime ou peut-on vivre sans celui-ci ? Son appartenance au passé peut-il constituer un frein à notre société actuel ? La culture peut-elle être porteuse de valeurs universelles sans passé par le biais des traditions et faisant appelle juste à la raison ? Nous nous demanderons alors si la culture peut se passer de traditions. Pour ce faire nous verrons d’abord que l’héritage des traditions constitue un pilier dans la culture actuel, ensuite que la culture n’est pas que traditionnel, elle peut être en effet une innovation et une culture populaire. Enfin, nous verrons que la culture consiste à l’appréciation savante, elle fait appel à la raison, tant de la tradition que de la modernité.

Les traditions sont le point de référence car elles dictent aux hommes leurs actes de façon générale. Par leur nature, elles contiennent l’expérience acquise par les générations précédentes qui les transmettent de manière orale ou écrite. Ainsi, elles permettent à une société de prendre conscience d’elle-même en constituant de véritables racines culturelles d’un peuple. Néanmoins, les traditions se vérifient au niveau d’un groupe d’hommes mais aussi au niveau individuel. Ce transmettant à l’intérieur d’une famille elles vont aider les individus eux-mêmes à se construire. Par exemple la Slovaquie, petit pays au cœur de l’Europe, possède une culture très riche dont les habitudes et les traditions se gardent d’une génération à la suivante jusqu’à aujourd’hui. Les fêtes se fêtent toujours par des traditions comme par exemple la fête de Pâques avec des plats en particuliers mais aussi la Saint Nicolas où chaque enfant nettoie ses chaussures et les met devant la fenêtre pour que Saint Nicolas y mette des bonbons. La danse folklorique appartient également à la culture et aux traditions respectées par les Slovaques. Autrement dit ces traditions rapprochent les hommes, mais elles en exigent aussi une conformité qui va fonder une identité et permettra de comprendre l’esprit d’un peuple, c’est-à-dire ses manières d’être et de faire. Elle assure alors une continuité, elle est sur quoi l’identité collective et la culture va s’enraciner. Pascal, dans sa préface pour le Traité du vide, constate que l’homme « est dans l’ignorance au premier âge de sa vie », mais qu’au fur et à mesure, il va acquérir des connaissances, « il s’instruit dans son progrès ». Dans Catéchisme positivisme, Compte écrit que « Les vivants sont toujours, et de plus en plus, gouvernés nécessairement par les morts : tel est la loi fondamentale de l’ordre humain ». Dans les deux cas la tradition tire donc bien sa légitimité par le fait qu’elle transmet un message. C’est grâce à sa mémoire que l’homme va pouvoir accumuler des connaissances et ensuite les transmettre. Elle implique bien une continuité, en plus de son ancienneté, qui renforce sa légitimité auprès des hommes en étant un remède contre l’éphémère. La tradition est un alors un repère pour l’homme au sein de sa culture qui lui confère une force efficace dans sa signification. Cette continuité est aussi expliqué par le goût, si les Français aiment manger de la bûche au réveillon c’est parce que ça leur donne du plaisir. Tous ces éléments expliquent donc l’ancrage de la culture dans les traditions qui s’inscrivent dans le passé, à priori elle ne peut se passer d’elles. Cependant, ces traditions constituent uniquement un objet du passé, elles doivent passer par un filtre. L’anthropologue J. Pouillon disait que « la tradition est un point de vue » sur lequel les hommes, dans le présent s’appuient, comme une interprétation du passé, mais selon certains critères uniquement. La tradition pourrait alors ne plus servir à la culture actuelle si celle-ci évolue, innove et que les hommes décideraient de s’en laisser passer car ils n’y verraient plus un sens aujourd’hui.

En effet, la culture populaire est un très bon exemple pour prouver la citation de l’anthropologue. Cette culture populaire représente une forme de culture dont la principale caractéristique est d'être produite et appréciée par le plus grand nombre de personne, elle s’oppose notamment à toute autre culture qui emploierait des traditions passées qui ne corresponde plus avec la période d’aujourd’hui. L’industrialisation au XIXème siècle dans les pays occidentaux prouve l’apparition d’une culture ouvrière et d’un syndicalisme qui se développe, entrant parfois en opposition avec des traditions religieuses. L’alphabétisation en est aussi touchée, par les lois Ferry et les mouvements d’éducation populaire qui prônent pour une diffusion de connaissance en installant ainsi des écoles laïques et rejetant par-là les traditions du passé. Le mode de vie des civilisations changent en fonction de leur influence, du temps et des mentalités. Les années 1930 le représentent bien avec l’américanisation qui va amener à l’expression de « culture de masse » associé souvent à une société de consommation. Les artistes tels qu’Elvis Presley et les Beatles peuvent se rattachés à cette forme de culture de masse avec une médiatisation importante. Cette innovation de culture qui traverse le temps montre un abandon progressif de traditions passées au sein d’une civilisation. En effet, celles-ci peuvent constituer un frein en enfermant les individus dans des coutumes fortes faisant alors barrage aux libertés. On basculerait alors dans un traditionalisme  qui serait synonyme d’enfermement trop fort dans les traditions qui enlèverait la liberté de choix : l’homme ne se pose plus la question de savoir comment il va agir face à telle ou telle situation, il agira comme la tradition l’exige, l’exemple des terrorismes islamiques le montre bien. La tradition annihile en quelque sorte. Elle serait alors un obstacle à la libre pensée. D’autre part, la question de la légitimité de la tradition peut être remise en cause et ne plus constituer un pilier à la culture. Ce qui était vrai et utile à un moment de l’histoire ne le sera pas forcément aujourd’hui. De même, de nombreuses pratiques sont condamnées aujourd’hui et ont toujours lieu, se cachant sous le nom de tradition. C’est le cas des corridas par exemple, et du fait de tuer le taureau. Ainsi, la modernité qui correspond à une notion d’évolution historique et à un changement de mentalité s’oppose aux traditions. La modernité est un besoin pour les sociétés. Aucune civilisation ne peut rester figée dans ses pratiques ancestrales. Nietzsche disait « il est absolument impossible de vivre sans oublier ». A chaque crise sociale, technique, politique, la nouveauté et le progrès s’imposent : en quelque sorte, c'est la « tradition du nouveau » (Harold Rosenberg). Un détachement de la tradition semble nécessaire. Nietzsche dans Considérations inactuelles, affirme en effet que la tradition est un danger envers la modernité : « le danger est que toute chose ancienne et passée (…), finit par être couverte d’un voile uniforme de vulnérabilité, tandis que (…) ce qui est nouveau et en train de naître se trouve rejeté et attaqué ». On voit donc bien que les traditions semblent être un frein à l’évolution de la culture qui peut d’ailleurs vivre sans. Cependant, toutes pratiques ancestrales et toutes évolutions modernes sont le résultat de la raison humaine, il est alors nécessaire de voir que la culture consiste à l’appréciation savante tant de la tradition que de la modernité.

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