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Zola, l'épilogue de l'Assommoir, 1877

Commentaire de texte : Zola, l'épilogue de l'Assommoir, 1877. Recherche parmi 257 000+ dissertations

Par   •  21 Mai 2021  •  Commentaire de texte  •  2 466 Mots (10 Pages)  •  332 Vues

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Texte de Bac 2

Émile Zola, épilogue de L’Assommoir (1877)

Gervaise dura ainsi pendant des mois. Elle dégringolait plus bas encore, acceptait les dernières avanies, mourait un peu de faim tous les jours. Dès qu’elle possédait quatre sous, elle buvait et battait les murs. On la chargeait des sales commissions du quartier. Un soir, on avait parié qu’elle ne mangerait pas quelque chose de dégoûtant ; et elle l’avait mangé, pour gagner dix sous. M. Marescot s’était décidé à l’expulser de la chambre du sixième. Mais, comme on venait de trouver le père Bru mort dans son trou, sous l’escalier, le propriétaire avait bien voulu lui laisser cette niche. Maintenant, elle habitait la niche du père Bru. C’était là-dedans, sur de la vieille paille, qu’elle claquait du bec, le ventre vide et les os glacés. La terre ne voulait pas d’elle, apparemment. Elle devenait idiote, elle ne songeait seulement pas à se jeter du sixième sur le pavé de la cour, pour en finir. La mort devait la prendre petit à petit, morceau par morceau, en la traînant ainsi jusqu’au bout dans la sacrée existence qu’elle s’était faite. Même on ne sut jamais au juste de quoi elle était morte. On parla d’un froid et chaud. Mais la vérité était qu’elle s’en allait de misère, des ordures et des fatigues de sa vie gâtée. Elle creva d’avachissement, selon le mot des Lorilleux. Un matin, comme ça sentait mauvais dans le corridor, on se rappela qu’on ne l’avait pas vue depuis deux jours ; et on la découvrit déjà verte, dans sa niche.

Justement, ce fut le père Bazouge qui vint, avec la caisse des pauvres sous le bras, pour l’emballer. Il était encore joliment soûl, ce jour-là, mais bon zig tout de même, et gai comme un pinson. Quand il eut reconnu la pratique à laquelle il avait affaire, il lâcha des réflexions philosophiques, en préparant son petit ménage.

Fin : 

    — Tout le monde y passe… On n’a pas besoin de se bousculer, il y a de la place pour tout le monde… Et c’est bête d’être pressé, parce qu’on arrive moins vite… Moi, je ne demande pas mieux que de faire plaisir. Les uns veulent, les autres ne veulent pas. Arrangez un peu ça, pour voir… En v’la une qui ne voulait pas, puis elle a voulu. Alors, on l’a fait attendre… Enfin, ça y est, et, vrai ! elle l’a gagné ! Allons-y gaiement !

    Et, lorsqu’il empoigna Gervaise dans ses grosses mains noires, il fut pris d’une tendresse, il souleva doucement cette femme, qui avait eu un si long béguin pour lui. Puis, en l’allongeant au fond de la bière avec un soin paternel, il bégaya, entre deux hoquets :

    — Tu sais… écoute bien… c’est moi, Bibi-la-Gaieté, dit le consolateur des dames… Va, t’es heureuse. Fais dodo, ma belle !

Au 19ème siècle avec la Révolution industrielle, beaucoup d’ouvrier vienne vivre en ville (exode rurale), ils ont des conditions de vie misérables. L’écrivain naturaliste décrive et dénonce cette pauvreté dans leur œuvre. Zola Ecrit un ensemble de 20roman, les Rougon-Macquart (Rougon => R comme Riche ; Macquart => M comme misère), dont les personnages appartiennent tous à la même famille, il veut montrer l’hérédité. Dans ce cycle il y en a un qui s’appelle l’assommoir, il est consacré à Gervaise qui est blanchisseuse (ouvrière parisienne), c’est une femme du peuple qui fait partie des Macquart qui sombre peu à peu dans l’alcoolisme. Le passage que nous étudions est l’épilogue qui est la dernière partie du roman.

Gervaise dura ainsi pendant des mois. Elle dégringolait plus bas encore, acceptait les dernières avanies, mourait un peu de faim tous les jours.

- Temps originaux : (passé simple pour des actions longue et impft pour actions courtes) Valeur de l’imparfait : répétition mais assez étrange malgré tout = Gervaise est dans un état étrange

- Changement de lieux « elle dégringolait » :                      Au sens propre = elle tombe des escaliers, descend d’étage / Au sens figuré = son état physique se dégrade, (perte emploi, devient mendiante, fait des choses honteuses. Par ex : plus tôt dans le roman elle a faim et elle va se prostituer)

- Connecteur spatiaux : plus basse déchéance

- Langage familier : « dégringolait » sa place sociale se détériore (+ langage beaucoup utilisé chez Zola)

Avanies : allusion à la prostitution

- Situation mauvaise avec la faim, elle n’a jamais assez pour manger => On voit la mort dès ces premières lignes

- Mourait un peu étrange car soit on meurt totalement, soit pas du tout

Dès qu’elle possédait quatre sous, elle buvait et battait les murs

- Valeur de l’imparfait : habitude / répétition => habitude de l’alcoolisme

- « Battait les murs » : elle est ivre, elle boit jusqu’à l’ivresse, elle dépense tous ses sous dans l’alcool, elle a un comportement automatique vers l’alcool à l’excès.  

=> Au lieu d’acheter de la nourriture, elle achète que de l’alcool

=> Selon Zola ce qui ai responsable de son alcoolisme est l’hérédité de sa famille (Macquart), elle ne peut pas lutter/ s’en empêcher, dès qu’elle a de l’argent, c’est un comportement machinal.

On la chargeait des sales commissions du quartier. Un soir, on avait parié qu’elle ne mangerait pas quelque chose de dégoûtant ; et elle l’avait mangé, pour gagner dix sous.

- Les voisins ne sont pas identifiés, on utilise un pronom indéfinit pour parler d’eux « on ». C’est elle contre tous les autres. Ils rabaissent Gervaise, ne l’aide pas

- Elle a perdu toute sa dignité, elle fait des choses honteuse et dégoutantes. Elle n’a plus aucun respect d’elle-même. Elle laisse ses voisins se moqué d’elle, elle l’accepte, elle est passive pour pouvoir s’acheter de l’alcool. Champs lexical

M. Marescot s’était décidé à l’expulser de la chambre du sixième. Mais, comme on venait de trouver le père Bru mort dans son trou, sous l’escalier, le propriétaire avait bien voulu lui laisser cette niche.

- description de ses conditions de vie, le lieu où elle vit :

Habitait au 6ème étage + 1 chambre = loyers pas chère (bcp d’escaliers)

Mais elle ne peut plus payer son loyer car argent va dans l’alcool.

=> le propriétaire l’a expulsé => vit sous l’escalier au rez-de-chaussée, pas un vrai appartement (cela forme un « trous » sous l’escalier)

- Elle est descendue = aspect symbolique, idée vue + haut où elle « dégringolait ». Renseignement sur son appartement + sur son état qui s’est dégradée.

- Le propriétaire semble lui faire un cadeau, comme s’il lui faisait une gentillesse. Mais pas normal                                                                      Elle n’est pas traitée comme un humain mais traitée comme un animale => chant lexicale des animaux (trou comme un renard) 

Gervaise n’est plus tout à fait un être humain = la perte du respect humain = la déshumanisation (action d’enlever la qualité d’être humain) => Les pauvres comme Gervaise sont associés à des animaux et non des êtres humains.

Maintenant, elle habitait la niche du père Bru. C’était là-dedans, sur de la vieille paille, qu’elle claquait du bec, le ventre vide et les os glacés.

- Description de l’endroit où elle vit très courte (2phrases) car rien a décrire, c’est juste un petit endroit. Elle dort sur de la paille (pas de meuble) aucun système de chauffage, pas d’eau, de nourriture. Lieu indigne d’un être humain. Condition plus pour un animal : champ lexical

- Le ventre vide montre qu’elle n’a encore une fois pas de quoi s’acheté à manger.

- Zola insiste sur le froid, il le dit de 2 manières « claquait du bec » et « os glacés ». Cela peut aussi signifier la mort = la température d’un cadavre.

- Imparfait répétition

La terre ne voulait pas d’elle, apparemment.

- Discourt indirect libre = pensé de Gervaise. Devine par le sens de la phrase mais pas de guillemet + pas de verbe introducteur.

- Hyperbole : exagération, comme si elle avait demandé à la terre entière de l’aider, or elle n’a pas vraiment demandé à tout le monde.

- Personnification de la terre comme quelqu’un qui ne voudrait pas de Gervaise.

 - Tout cela montre sa solitude (plus son marie, personne ne l’aide)

Elle devenait idiote, elle ne songeait seulement pas à se jeter du sixième sur le pavé de la cour, pour en finir.

 - Phrase qui a beaucoup choqué car évoque le suicide indirectement « se jeté depuis le sixième ». = euphémisme, cela est censé adoucir la mort or ici pas vraiment.

=> Le suicide pour Gervaise serait une bonne idée = une liberté. Or c’est faire l’éloge du suicide mais au 19ème siècle avec la religion importante c’est très mal vu et ça choque le lecteur.

- Il dise qu’elle est « idiote » de ne pas le faire : rejoint l’idée de déshumanisation, = incapable de réfléchir, perdu son intelligence, sa raison. Lié aux dégâts de l’alcoolisme dans son cerveau.

La mort devait la prendre petit à petit, morceau par morceau, en la traînant ainsi jusqu’au bout dans la sacrée existence qu’elle s’était faite.

- Agonie longue et lente de Gervaise, idée de durée (imparfait + expression)

- Personnification de la mort qui la prend, comme un adversaire qui prend son temps et qui fait trainer avec une longue durée

- Registre familier : Zola aime utiliser un langage populaire

- Sacrée : connotation de religion.

- On dirait que Gervaise est déjà un cadavre qui se décompose alors qu’elle est encore vivante. Certaine critique dise qu’elle avait la lèpre (maladie qui fait tomber le bout de ses doigts)

- Fin inéluctable. Registre tragique pour cette phrase.

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