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L'art dans la révolution

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Par   •  2 Mai 2021  •  Analyse sectorielle  •  2 260 Mots (10 Pages)  •  9 Vues

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Khôlle histoire :

Introduction :

        On a souvent l'idée reçue que la Révolution fut une période de vide pour l'art et la peinture française : en effet c'est une période dont l'on s'intéresse surtout pour ses bouleversements sociaux et politiques survenus ce qui explique que les années 1780 et 1790 restent très peu étudiées dans un contexte artistique. Or, pendant cette brève période, la France artistique connaît elle aussi des bouleversements, passant d'un style rococo à un style néo-classique. Le rococo est un style que l'on pourrait qualifier de très joyeux avec des couleurs roses, jaunes et vertes qui dominent les peintures, et également de galant et de raffiné. Ce style prend fin dans les années 1780, lorsque le néoclassicisme prends de plus en plus d'ampleur, étant un style plus simple, solennel et moral, liés aux événements politiques de l'époque. En 1793, un critique anonyme proclame que « Le système des arts doit changer, comme le système politique ». Ainsi, nous allons voir comment la complexité de la période de la Révolution française se retranscrit dans la peinture de cette époque. Tout d'abord, la peinture comme l'histoire connaissent un retour aux sources, que ce soit celles de l'Antiquité ou celles du classicisme de quelques siècles auparavant. Cependant, on observe pour les peintres néoclassiques une volonté de représenter l'actualité récente de la Révolution, ce qui est une grande nouveauté très difficile à représenter et qui se fait donc parfois par des allusions. Enfin, nous allons nous intéresser à une figure emblématique d'un peintre durant la Révolution, Jacques-Louis David.

  1. Un retour aux sources

1) Une résurrection de l'Antiquité

Avec les fouilles des villes romaines antiques Pompéi et Herculanum au milieu du 18ème siècle, l'intérêt pour l'Antiquité se ravive et se répand dans toute l'Europe. Les écrits antiques tels que l'Illiade ou l'Odysée deviennent cultes et sont lus par un maximum de gens. La société de l'époque trouve en la Révolution une sorte de « drame antique moderne » dont elle est l'héroïne ; les révolutionnaires se considéraient comme les libres citoyens d'une nouvelle Athènes, ils savaient qu'ils vivaient des temps véritablement héroïques à la manière des grecs ou des romains. La démocratie athénienne du Vème siècle avant JC inspire la population et ses idées dans un but d'abolition de la monarchie. En peinture, le néoclassicisme préconise un retour à la vertu, à la simplicité de l'épuré de l'antique, un retour vers un idéal formel hérité de l'antique qui s'oppose à l'exagération du baroque et la sensualité, la frivolité du rococo. Un thème central de ce style est le nu, qui redevient ici une représentation de l'héroïsme et du courage que les artistes débarrassent de sa nature sensuelle. Ce nu rappelle donc les représentations des héros grecs sur les arts antiques ou bien les peintures de la Renaissance. Un autre genre central du néo-classicisme, le portrait, va être grandement influencé par l'esthétique antique, comme on peut le voir avec les tableaux de la peintre française Elisabeth Vigée Le Brun, qui représente des portraits de l'aristocratie européenne en figures mythologiques. On a par exemple les portraits de Lady Hamilton, une célèbre épouse d'ambassadeur que Vigée Le Brun peint deux fois, la première dans Emma, Lady Hamilton en Bacchante en 1790 et la deuxième dans Etude de Lady Hamilton en Sybille de Cume, en 1792. Les Bacchantes et les Sybilles sont deux figures mythologiques très connues, les unes étant les adoratrices de Dionysos, les autres des prophétesses. L'influence de l'Antiquité est donc visible jusque dans le genre le plus simple qu'est le portrait.

2) Le retour des idées du « beau idéal » de Poussin, l'héritage du classicisme

Les peintres utilisent également un principe appelé le « beau idéal » qui s'inspire des maîtres classiques Raphaël et Poussin. Le classicisme est en effet une esthétique fondée sur la recherche d'un idéal, la recherche de la perfection, qui prends place à la fin de la Renaissance. Le style se veut primitif, par l'absence de profondeur, la simplification des formes et la linéarité des contours, suivant en cela ce que les peintres interprètent comme les caractéristiques de la peinture antique. Pour les théoriciens du néo-classicisme, l'art de la Renaissance est ce qui se rapproche le plus de leur vision de l'idéal et de la pureté de l'art Antique. Les œuvres du néo-classicisme ont donc, comme les œuvres classiques, des compositions très symétriques ou du moins équilibrées. L'accent est mis sur les divisions rectilignes.

3) L'influence du clair-obscur de Caravage

Dans le mouvement du néo-classicisme, on observe également une influence du baroque, plus particulièrement du caravagisme, courant pictural apparu au XVI è siècle après l’œuvre du célèbre peintre italien Caravage. En effet on trouve dans les peintures néo-classiques une lumière froide qui enveloppe les personnages, dont les gestes sont violemment éclairés sur des fonds très sombres afin de renforcer la portée didactique de l’œuvre. La profondeur des tableaux est restreinte et le chromatisme simplifié : c'est donc tout l'opposé des profondeurs ouvertes et des palettes diversifiées du temps du style rococo. Les contrastes de clair-obscur plus ou moins définis selon les tableaux donnent une dimension plus dramatique aux scènes.

→ Ainsi, la peinture durant la Revolution française est d'abord un mélange de plusieurs inspirations passées : celle de l'Antiquité, celle du mouvement classique, et celle du mouvement baroque

  1. Et cependant également une volonté de représenter l'actualité

1) Une nouveauté

A cette époque, les choses les plus souvent peintes sont des portraits (en effet il y avait de plus en plus de commandes privées ce qui a rendu la production fructueuse) et des peintures d'histoire antiques. Les peintures d'histoires, genre dans lequel le néo-classicisme prédomine, est un genre qui s'inspire de scènes historiques, soit de l'histoire ancienne, soit de l'histoire actuelle. Avant le 18ème siècle, les artistes sortaient rarement des limites de l'histoire antique, de la mythologie, de l'allégorie, des représentations de la Bible, ou bien des portraits. Mais les bouleversements de l'époque poussent à la recherche de sujets nouveaux, la Revolution entraîne les peintres à se consacrer à des sujets plus divers comme les événements d'actualité. Ils prirent conscience que les événements de leur propre temps étaient tout aussi dignes de leur attention que l'histoire grecque ou romaine. Les événements de l'époque amènent certains artistes à la suite de David à se concentrer principalement sur des sujets d'histoire contemporaine et adopter un style plus réaliste qu'idéal. Ainsi, de plus en plus de peintres représente les grands événements de leur actualité récente tels que la prise de la Bastille, le Serment du jeu de Paume, ou bien la chute de la monarchie constitutionnelle du 10 aout 1792, dont l'on va voir des représentations après.

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