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L'art

Commentaire de texte : L'art. Recherche parmi 256 000+ dissertations

Par   •  2 Mai 2021  •  Commentaire de texte  •  2 458 Mots (10 Pages)  •  15 Vues

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L’art.

I- A quoi reconnaît-on une œuvre d’art ?

1) L’art est ce qui résiste à l’usure du temps.

« Parmi les choses qu’on ne rencontre pas dans la nature, mais seulement dans le monde fabriqué par l’homme, on distingue entre objets d’usage et œuvres d’art ; tous deux possèdent une certaine permanence qui va de la durée ordinaire à une immortalité potentielle dans le cas de l’ouvre d’art. En tant que tels, ils se distinguent d’une part des produits de consommation, dont la durée au monde excède à peine le temps nécessaire à les préparer, et d’autre part, des produits de l’action, comme les événements, les actes et les mots, tous en eux-mêmes si transitoires qu’ils survivraient à peine à l’heure ou au jour où ils apparaissent au monde, s’ils n’étaient conservés d’abord par la mémoire de l’homme, qui les tisse en récits, et puis par ses facultés de fabrication. Du point de vue de la durée pure, les œuvres d’art sont clairement supérieures à toutes les autres choses. […] Elles sont délibérément écartées des procès de consommation et d’utilisation, et isolées loin de la sphère des nécessités de la vie humaine».

Hannah Arendt, La crise de la culture(1961).

Ex, la résistance au temps de l’art préhistorique, la grotte de Lascaux

Nb : Ce qui caractérise une œuvre d’art selon Hannah Arendt, c’est sa durée dans le temps. Elle soutient que ce qui distingue l’œuvre d’art des autres objets est sa pérennité : l’art est ce qui est soustrait au processus de dégradation des objets de consommation, et plus généralement ce qui résiste à l’usure et à l’usage dans la mesure où la valeur esthétique est indépendante de toute fonction instrumentale.

2) L’art est ce qui nous fait éprouver des émotions uniques.

Il importe d’observer que ce sont les spectateurs qui confèrent à l’œuvre sa valeur artistique, de sorte que celle-ci n’advient que dans l’histoire. Du point de vue du récepteur, est artistique l’œuvre qui, en s’adressant à notre sensibilité, nous fait éprouver une expérience inattendue, novatrice tout en produisant le sentiment qu’elle s’adresse à notre humanité.

Nb : L’expérience artistique nous permet d’accéder à des sentiments et émotions plus profonds et uniques, qui touchent dans ce que nous avons de particulier.

3) Un objet ne devient de l’art que dans certaines conditions symboliques.

Texte de Nelson Goodman, extrait des Manières de faire des mondes, trad fr J. Chambon, 1992.

On ne doit pas définir l’œuvre d’art uniquement en fonction de l’effet qu’elle produit, il doit y avoir des propriétés, sinon objectives, du moins intrinsèques à la démarche de l’artiste, permettant de distinguer l’art de ce qui n’est pas lui. A la question « qu’est-ce que l’art ? » Nelson Goodman préfère ainsi la question « quand y a -t-il art ?» pour suggérer que l’œuvre d’art n’est pas une essence mais un événement qui se produit dans des conditions déterminées.

4) L’œuvre d'art n'existe que chez l'homme.

Texte de Kant extrait de la Critique de la faculté de juger, 1750, paragraphe 43.

II-Le jugement esthétique est-il un jugement subjectif ?

1) Le beau s'oppose à l‘agréable.

Kant écrit:”Pour ce qui est de l'agréable, chacun reconnaît que son jugement, fondé sur un jugement individuel, par lequel il affirme qu'un objet lui plaît, est limité à sa seule personne.”

Pour l'agréable,chacun accepte que son jugement individuel ne vaille que pour lui: dire:”c'est agréable”, c'est dire:”cela m'est agréable”. Les goûts diffèrent selon les individus.

Le goût est une marque de notre singularité. “j'aime des épinards ou du chocolat”, cela est relatif au goût de chacun. C'est une affaire de préférence subjective car dans l'agréable, nous éprouvons une sensation de plaisir; un plaisir qui flatte nos sens. Il s'agit d'un plaisir intéressé lié à l'utilité et au besoin. Cela nous satisfait car nous voulons contentés un besoin, un désir, une tendance…

C'est pour quoi Kant écrit encore: «Au point de vue de l'agréable, il faut admettre le principe: à chacun son goût(il s'agit du goût des sens)”.

Il en va tout autrement du beau.

Pour le beau, bien que le jugement soit lui aussi individuel, on refuse qu'il ne vaille que pour soi. Dire:”c'est beau”, ce n'est pas dire:”c'est beau pour moi”. On fait “comme si” la beauté était une propriété de l'objet( au même titre que sa couleur). On s'attend à ce que tout le monde soit d'accord, non parce qu'on a constaté cet accord mais parce qu'on l'exige(en vertu du”comme si”). On donne à notre jugement de beauté un sens universel et nécessaire. Si autrui n'est pas d'accord, on le blâme; on dit qu'il n'a pas de goût. On refuse ici le principe;”à chacun son goût”. Pour Kant, l'universalité et la nécessité liée au beau ne sont pas pleinement objectives. Il s'agit d'une universalité subjective.

Nb : Dans le jugement du beau, je prétends à un accord universel c'est-à-dire que pour moi, tout le monde doit pouvoir goûter la même beauté que moi mais je ne peux rien prouver. Le beau n'est pas un concept.

Ex: au cinéma...

2) Le beau n'est pas l'utile, car l'utile suppose un usage déterminé de l'objet.

D'où la consommation de l'objet c'est-à-dire l'action qu'on exerce sur lui. Le beau n'altère pas l'objet, il reste contemplatif c'est-à-dire que notre esprit laisse la chose être ce qu'elle est. Le beau est désintéressé c'est-à-dire indifférent à l'existence de l'objet; celui-ci peut être imaginaire, l'utile suppose un objet existant.

3) Le beau s'oppose au sublime.

“Nous nommons sublime

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