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Quelle connaissance puis-je prétendre avoir d'autrui et de moi-même?

Dissertation : Quelle connaissance puis-je prétendre avoir d'autrui et de moi-même?. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  18 Décembre 2012  •  Dissertation  •  1 708 Mots (7 Pages)  •  589 Vues

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La question semble nous inviter à évaluer la connaissance d’autrui par rapport à la connaissance de soi. Elle semble présupposer que la connaissance de soi est une vaste tâche, tandis que celle d’autrui semblerait être l’objet d’une connaissance plus simple: il est là, il s’offre à mon regard, il est un corps, objet de ma perception. Il serait donc plus facile de le connaître car il suffirait de le décrire. Mais est-ce bien cela connaître autrui?

Quelle connaissance puis-je prétendre avoir d’autrui et de moi-même? Peut-on comparer ne connaissance intérieure et une autre extérieure? Y a-t-il une connaissance réellement plus facile que l’autre? Qu’entend-on par facile? Est-ce plus accessible? Plus immédiat, direct ou clair?

Après avoir défini les concepts d’autrui, de moi et de connaissance, nous évaluerons en quoi il semble plus facile de connaître autrui et pourquoi il est, en échange si difficile de se connaître soi-même. Nous verrons ensuite les limites de notre connaissance d’autrui et dans quelle mesure il est nécessaire de se connaître soi-même pour prétendre connaître autre chose que soi. Finalement, nous poserons les limites et la complexité du processus de toute connaissance et nous nous demanderons s’il est possible de se connaître sans connaître autrui et inversement.

PARTIE I

Alors qu’autrui semble être l’objet d’une connaissance simple : il est là, il est un corps, objet de perception. Finalement, cette connaissance est une appréhension immédiate. Autrui ne semble pas faire difficulté parce qu’il est déjà donné. Il s’offre à mon regard. Il est alors facile de le connaître : il me suffit de le décrire.

Or, on voit bien que cela ne suffit pas. C’est là qu’apparaît toute la difficulté : je comprends ce qu’il est extérieurement, mais je ne comprends jamais qui il est. Autrui résiste à une saisie objective pour être identifiée. Le réduire à un objet de connaissance, c’est me barrer l’accès à qui il est. C’est faire d’autrui une chose – ce qu’il n’est pas.

Qu’est-ce qu ‘« autrui » ?: c’est un autre moi qui n’est pas moi. Autrui et moi nous partageons la la même condition humaine, qui fait de chacuun de nous un un « moi ». Toute la difficulté est là : je le connais par différence d’avec moi ou dans son identité avec moi. Mais il y a pourtant une différence entre « connaître » et « se connaître ». Connaître, c’est appréhender un objet extérieur en vue d’en décrire, d’en expliquer les propriétés. Dans ce sens il semble plus facile de décrire quelqu’un qui n’est pas moi-même. En revanche, se connaître, c’est réfléchir sur soi, se replier sur son intériorité. Une connaissance extérieure ne sera jamais une connaissance intérieure. Connaître l’autre de façon extérieure c’est ignorer qu’il est lui-même plus que la somme de ses actes, plus que son apparence. C’est aussi une personne avec des intentions, des désirs, des contraintes qui le font agir d’une façon ou d’une autre, des passions qui le font réagir. C’est un autre sujet qui n’est pas entièrement donné à moi, puisqu’il n’est pas fijé, fini, il est en perpétuelle évolution et il serait réducteur de prétendre le décrire tel qu’un objet. C’est une critique que fait Sartre.

La connaissance de soi n’est pas non plus celle d’un objet qu’on appellerait moi et dans lequel on mettrait des qualités – et des défauts. C’est la conscience réfléchie que j’ai de moi, la réflexion qui fait que je prend conscience de toutes mes déterminations, de tout ce qui me pousse à penser et à agir d’une façon ou d’une autre, et qui me permet de prendre des décisions en conscience, qui fait que je finisse par me connaître. Ma connaissance de moi même n’est pas quelque chose d’immédiat, de direct et de clair pour moi, elle suppose une démarche réflexive, une conscience de soi dans le sens de Pascal.

D’autre part, quelque soient nos efforts pour essayer d’être objectifs et conscients de ce que nous sommes, une part de nous-même nous échappe. C’est d’abord tout ce qui ne peut pas être présent à notre esprit car on ne peut pas penser à tout en même temps: notre attention et notre mémoire « vive » sont limitées. C’est ensuite tout ce qui demeure à l’état inconscient, au sens de Freud, refoulé et inaccessible pour la conscience: pulsions du ça et interdits du Surmoi. Même si je peux y accéder par la réflexion ou la thérapie, ce chemin de la connaissance de moi n’est pas facile, car il n’est pas accessible immédiatement ni simplement.

PARTIE II

Si la connaissance de soi s’avère si difficile, pourquoi celle d’autrui, qui est un autre moi serait-elle plus aisée? Si je reconnaîs en autrui un autre moi-même, sa connaissance doit être au moins aussi difficile, et peut-être même plus difficile que celle de moi puisque je ne peux pas accéder à ses pensées, à son intérieur.

La connaissance de soi serait dans ce sens plus accessible que celle d’autrui, du fait que c’est une connaissance intérieure, intime, proche par le biais de la conscience de soi. Même si nous sommes dans le doute le plus extrême, sans aucune

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