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Commentaire sur le roman Madame Bovary de Gustave Flaubert

Dissertation : Commentaire sur le roman Madame Bovary de Gustave Flaubert. Recherche parmi 257 000+ dissertations

Par   •  10 Janvier 2013  •  667 Mots (3 Pages)  •  1 395 Vues

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Introduction :

Un critique a dit que tous les personnages décrits par Flaubert sont taillés dans lui-même. En effet, dans cet extrait de Mme Bovary, Flaubert semble faire revivre les tentations qu'il a eues et les inspirations qu'il a ressenties. L'intérêt de ce texte est la relation créateur (Flaubert) / créature (Emma). Dans ce passage, Emma rêve dans le lit conjugal. Flaubert met en dérision ce rêve mais rajoute aussi une certaine compassion.

Extrait étudié:

Emma ne dormait pas, elle faisait semblant d'être endormie ; et, tandis qu'il s'assoupissait à ses côtés, elle se réveillait en d'autres rêves.

Au galop de quatre chevaux, elle était emportée depuis huit jours vers un pays nouveau, d'où ils ne reviendraient plus. Ils allaient, ils allaient, les bras enlacés, sans parler. Souvent, du haut d'une montagne, ils apercevaient tout à coup quelque cité splendide avec des dômes, des ponts, des navires, des forêts de citronniers et des cathédrales de marbre blanc, dont les clochers aigus portaient des nids de cigognes. On marchait au pas, à cause des grandes dalles, et il y avait par terre des bouquets de fleurs que vous offraient des femmes habillées en corset rouge. On entendait sonner des cloches, hennir les mulets, avec le murmure des guitares et le bruit des fontaines, dont la vapeur s'envolant rafraîchissait des tas de fruits, disposés en pyramide au pied des statues pâles, qui souriaient sous les jets d'eau. Et puis ils arrivaient, un soir, dans un village de pêcheurs, où des filets bruns séchaient au vent, le long de la falaise et des cabanes. C'est là qu'ils s'arrêteraient pour vivre ; ils habiteraient une maison basse, à toit plat, ombragée d'un palmier, au fond d'un golfe, au bord de la mer. Ils se promèneraient en gondole, ils se balanceraient en hamac ; et leur existence serait facile et large comme leurs vêtements de soie, toute chaude et étoilée comme les nuits douces qu'ils contempleraient. Cependant, sur l'immensité de cet avenir qu'elle se faisait apparaître, rien de particulier ne surgissait ; les jours, tous magnifiques, se ressemblaient comme des flots ; et cela se balançait à l'horizon, infini, harmonieux, bleuâtre et couvert de soleil. Mais l'enfant se mettait à tousser dans son berceau, ou bien Bovary ronflait plus fort, et Emma ne s'endormait que le matin, quand l'aube blanchissait les carreaux et que déjà le petit Justin, sur la place, ouvrait les auvents de la pharmacie.

Flaubert - Madame Bovary

Analyse :

I- Le rêve caricatural d'un esprit romanesque

On sait que Emma a vécu une enfance plongée dans les livres. Ceux-ci sont à l'origine du rêve " idiot " de ce passage. Idiot car tous les clichés romanesques et romantiques habituels s'y trouvent: Flaubert souligne les excès et les faiblesses du courant romantique dont il ne peut nier l'influence sur son écriture (autodérision ?).

Emma s'imagine un pays nouveau (une sorte de méli-mélo d'éléments conventionnels), une vie à

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