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États et flux transnationaux

Dissertation : États et flux transnationaux. Recherche parmi 241 000+ dissertations

Par   •  25 Mai 2020  •  Dissertation  •  2 192 Mots (9 Pages)  •  27 Vues

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États et flux transnationaux depuis 1945

« Avant, les évènements qui se déroulaient dans le monde n’étaient pas liés entre eux. Depuis, il sont tous dépendants les uns des autres ». La constatation est aujourd’hui banale, hormis le fait que celui qui écrivit la formule, Polybe, vivait au IIe siècle avant J-C. En effet, le monde est aujourd’hui dans une mondialisation permanente depuis le début du XXe siècle avec une mondialisation qui s’est intensifiée après la Seconde Guerre mondiale en 1945 par un essor sans précédent du commerce mondial. Depuis cette date, les échanges progressent plus vite que la production de richesses ; ils sont dopés pas la généralisation du libre-échange avec la mise en place du GATT (l’accord général sur les tarifs et le commerce) en 1947 et la création de l’OMC (organisation mondiale du commerce) en 1995. Cependant, cette mondialisation est possible par la mise en relation d’acteurs. L’État, organisation politique qui contrôle une population sur un territoire délimité par des frontières, est un acteur géopolitique et géoéconomique qui participe à des flux transnationaux qui sont des échanges de biens matériels, immatériels, de capitaux et de personnes. Ces interactions de flux sont aussi rendues possibles par la coordination de l’action des États à l’échelle mondiale en vue d’atteindre des objectifs communs : ceux-ci créent alors des organisations internationales par la signature de traités. Très diverses dans leur forme, dans leurs objectifs et dans leurs dimensions, les organisations internationales se sont affirmées comme des acteurs incontournables de l’espace mondial. Ainsi, l’État se voit contraint de mettre, au service de la mondialisation, une partie de ses prérogatives visant ainsi à remettre en cause son monopole sur la scène internationale.

Ainsi, en quoi les échanges mondiaux ont-ils participé, depuis 1945, à la dénaturation des États ?

La forte polarisation des flux à l’échelle mondiale entraine une diffusion spatiale du processus de mondialisation (I) ; cette mondialisation, construite par l’État, sert l’État et l’amène à une dégradation de sa souveraineté étatique (II) ce qui le conduit ainsi à une « transformation » de l’État aussi bien dans son action que dans sa stratégie (III).

Tout d’abord, le monde se trouve au centre d’une forte polarisation des flux à l’échelle mondiale. En effet, il y a une forte polarisation des investissements directs à l’étrangers (IDE) mais aussi des firmes transnationales (FTN) sur les pays développés à économie de marché (PDEM) dans l’ancienne Triade (terme donné en 1985 pour désigner les trois pôles qui dominent l’économie, le Japon, la Communauté économique européenne et les États-Unis). Cette polarisation des flux se déroule principalement dans cette ancienne Triade (aujourd’hui, l’Union Européenne, l’Asie Orientale, l’Amérique du Nord) par la présence à 70% des mille plus grands groupes industriels du monde. Ces trois pôles concentrent plus de 73% des IDE. Ensuite, cette polarisation des flux s’explique par l’attractivité des pays développés en raison d’un marché à fort pouvoir d’achat et d’une main d’œuvre qualifiée. Enfin, ces trois pôles au centre d’une forte polarisation se caractérisent par l’importance du commerce intra-zone notamment grâce à des organisations comme l’ALENA (L'Accord de libre-échange nord-américain), l’Union Européenne et l’ASEAN (L'Association des nations de l'Asie du Sud-Est).

Cette forte polarisation des flux économiques et financiers a débuté principalement au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et s’est élargie grâce aux trois pôles de 1985 à nos jours. Cet accroissement important des flux a permis par la suite une diffusion spatiale du processus de mondialisation.

D’abord, le concept de diffusion spatiale est théorisé dès 1950 (quelques années après le début d’une mondialisation très importante après la guerre) par le géographe suédois Torsten Hagerstand qui s’est intéressé aux facteurs permettant la diffusion spatiale d’une innovation qui dépend du dynamisme du foyer émetteur, des conditions permettant la propagation de l’innovation dans l’espace et des capacités des foyers récepteurs à recevoir l’innovation en question. Ainsi, cette diffusion spatiale apporte des avantages importants dans une division internationale du travail (DIT) : il y a une main d’œuvre plus nombreuse mais aussi des marchés prometteurs. De plus, il y a une place grandissante des échanges internationaux en Asie Pacifique et un glissement du centre de gravité de l’économie mondiale vers cette région du monde.

Ainsi cette forte polarisation des flux entraine une diffusion spatiale de la mondialisation par l’arrivée de nouveaux acteurs mais aussi par l’arrivée fulgurante d’acteurs qui prennent le contrôle de cette mondialisation jusqu’à en changer le centre de gravité. Ces acteurs se trouvent dans les régions des trois pôles et sont essentiellement les États qui participent à ces échanges mais aussi à cette diffusion spatiale de la mondialisation ce qui les affecte en premier lieu sur leur souveraineté.

Pour commencer, l’État est à l’origine de la mondialisation et de ce fait des flux transnationaux. Le XIXe siècle avait vu l’épanouissement parallèle de la mondialisation et de l’État-nation. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’État se retrouve désemparé face à la catastrophe qu’il a affronté durant six ans. Cette sombre période a alors mis en suspens une mondialisation qui avait souffert après la crise économique de 1929. L’État décide donc de relancer cette mondialisation pour relancer les échanges de biens entre pays et ainsi sortir des difficultés financières auxquelles les pays font alors face. Cette période qui débute dès 1945 se prolonge jusqu’à nos jours et est communément appelée la seconde mondialisation (la première ayant eu lieu lors de la deuxième industrialisation jusqu’à la Seconde Guerre mondiale). Dès lors, à parti des années 1970, ce sont les grands États qui ont favorisé l’entrée dans la mondialisation contemporaine. Toutes les étapes de dérégulation financière ont été engagées à l’initiative des États-Unis et des États occidentaux. Ce sont encore eux qui ont soutenu la libéralisation des échanges dans les cycles de négociation du GATT. Les pays émergents ont, quant à eux, cherché, dans une plus grande intégration à la mondialisation, un instrument de développement et d’affirmation internationale. Ainsi, non

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