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Les Contemplations, Victor Hugo

Résumé : Les Contemplations, Victor Hugo. Recherche parmi 272 000+ dissertations

Par   •  11 Mai 2022  •  Résumé  •  1 551 Mots (7 Pages)  •  35 Vues

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Elle était déchaussée, elle était décoiffée

Les Contemplations, Hugo

Les Contemplations, publié en 1856, est un recueil de poèmes de Victor Hugo, chef de file de mouvement romantique en france.

Le poète, écrivain, dramaturge et homme politique, présente les Contemplations comme « les mémoires d'une âme » car il y dresse le journal poétique de son existance. Le décès de sa fille Léopoldine en 1843 déchire le recueil en deux parties, « autrefois » et « aujourd'hui ». Du romantisme bucolique de la première partie, le recueil évolue vers un romantisme sombre et métaphysique, et s'achève dans le présent de l'exil infligé par Napoléon III, aprés son coup d'état de 1851. Le poème « Elle était déchaussée, elle était décoiffée » s'inscrit dans la premiere partie. Ce poème est constituer de quatre quatrains d'alexandrins aux rime croisées. Le poète y raconte sa rencontre avec une mystérieuse jeune fille dans une forêt. ''Je vais procéder à la lecture du texte.

Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?

Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?

Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !

Comme l'eau caressait doucement le rivage !
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers. 

PB : Comment la rencontre entre le poète et une mystérieuse jeune fille permet-elle de célébrer une nature bucolique ?

Plan : Dans une première partie, corespondant aux deux premiers quatrains, le poète fait une proposition amoureuse à une jeune fille dans une douce nature.

          Puis, dans une deuxième partie, corespondant aux deux dernier quatrains, la mystérieuse jeune fille suit le poète.

I-Le poète fait une proposition amoureuse à une jeune fille dans une douce nature.

Le poème s'ouvre sur un alexandrin classique, de par se découpe à l'hémistiche et son parallélisme syntaxique : « elle était... ». Ce rythme régulier plonge le lecteur dans une atmosphère harmonieuse. Le pronom personnel sujet « elle » suscite le mystère et un effet d'attente. Cette vague figure féminine se caractérise par un dévêtissement suggestif, eprimé, par les deux adjectifs, par le préfixe « dé- ». Le deuxième vers prolonge la déscription. Les jonc évoquent l'élément aquatique et végétale.

La beauté de cette nature est restituée par la douceur des sonorités : alternance de consonnes labiales et nasales (« pieds nus, parmi »). L’allitération en consonnes chuintantes « j » et « ch » restitue le chuchotement de l’eau : « joncs penchants ».

Au troisième vers, le poète paraît, bouleversé et envahi par cette vision idyllique : « 
Moi qui passais par là, je crus voir une fée ».

Le nom « fée » assimile la jeune fille à une créature merveilleuse de la littérature médiévale. La fée est l’allégorie d’une nature fascinante et magique pour le poète romantique.

On note l’usage des temps du récit au passé – imparfait (« passais« ) et passé simple « je crus« ) – qui nous entraîne dans l’univers du conte.

Le quatrain initial se conclut sur cette 
invitation : « Et je lui dis : Veux-tu t’en venir dans les champs ? »

La vibrante allitération en « v » (« veux-tu », « venir ») souligne le désir du poète pour la jeune fille.

L’interrogation crée un effet d’attente à la fin de cette première strophe.

Au cinquième vers, le polyptote* sur le mot regard (*polyptote = utilisation du même mot sous plusieurs formes grammaticales) souligne l’
intensité fascinante de cette jeune fille : « Elle me regarda de ce regard suprême ».

Ce regard semble confirmer son caractère surnaturel.

L’adjectif hyperbolique « suprême », attribué au regard, est justifié au vers 6 : « Qui reste à la beauté quand nous en triomphons ». La fée, comme la nature, est d’une splendeur inépuisable.

Au langage humain s’oppose donc le 
langage muet d’une fée. Cette dernière incarne l’inexprimable beauté de la nature, que le poète romantique cherche à retranscrire.

Face au silence, le poète réitère son invitation aux vers 7-8. 
L’anaphore « Veux-tu » exprime l’insistance de son désir : « Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ? »

Cette invitation amoureuse est justifiée par la saison printanière, « mois où l’on aime », associée à l’amour et à la fertilité.

La répétition des questions crée en un effet d’attente de plus en plus pressant. Le lecteur attend de connaître enfin la réponse de la mystérieuse fille.

II – La mystérieuse fille suit le poète

(Troisième et quatrième quatrain)

La jeune fille, jusqu’alors immobile, s’anime au neuvième vers : « Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive ».

Ce geste traduit l’intimité de sa relation à la nature, avec laquelle elle est en osmose.

Les deux vers suivants interrompent la dynamique amorcée puisque la jeune fille est regagnée par l’immobilité : « regarda« , « devint pensive« . 

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