LaDissertation.com - Dissertations, fiches de lectures, exemples du BAC
Recherche

« Les entrepreneurs sociaux ne se contentent pas de donner un poisson, ou d'enseigner la pêche. Ils n'auront de repos que lorsqu'ils auront réussi à révolutionner l'industrie de la pêche. » Bill Drayton, Fondateur d’Ashoka.

Mémoire : « Les entrepreneurs sociaux ne se contentent pas de donner un poisson, ou d'enseigner la pêche. Ils n'auront de repos que lorsqu'ils auront réussi à révolutionner l'industrie de la pêche. » Bill Drayton, Fondateur d’Ashoka.. Recherche parmi 240 000+ dissertations

Par   •  9 Janvier 2018  •  Mémoire  •  5 944 Mots (24 Pages)  •  418 Vues

Page 1 sur 24

INTRODUCTION GENERALE

« Les entrepreneurs sociaux ne se contentent pas de donner un poisson, ou d'enseigner la pêche. Ils n'auront de repos que lorsqu'ils auront réussi à révolutionner l'industrie de la pêche. » Bill Drayton, Fondateur d’Ashoka.

Depuis une vingtaine d’années, se développe dans le monde une nouvelle manière d’entreprendre, qui conjugue à la fois efficacité économique et utilité sociale, et qui ouvre des voies prometteuses dans la lutte contre les problèmes majeurs de nos sociétés : l’entrepreneuriat social. Le phénomène mondial semble dessiner un nouveau modèle, hétérogène, qui emprunte à la fois au secteur non lucratif traditionnel et aux pratiques du « business » ancrées dans l’économie marchande, afin d’apporter des réponses nouvelles et durables aux problèmes sociaux et environnementaux. Celui-ci suscite aujourd’hui un véritable engouement tant au niveau académique que de la pratique.

L’entrepreneuriat social et l’économie sociale sont des notions différentes, bien que leurs limites soient floues, dépendantes du contexte et assises sur des traditions géographiques et culturelles (Kerlin, 2006 ; Defourny et Nyssens, 2008). Le terme « économie sociale » est apparu pour la première fois au début du XIXe siècle en France et désigne les associations, les coopératives, les mutuelles et les fondations. A cela, s’est ajouté le terme « solidaire » pour donner ainsi l’expression « économie sociale et solidaire». L’entrepreneuriat social consiste davantage à résoudre des problèmes sociaux qu’à exploiter les opportunités de marché pour faire des profits. Les entreprises sociales ou organisations à but social occupent une place centrale dans le paysage de l’entrepreneuriat social, indépendamment du secteur d’activité et de la forme organisationnelle, qui varie selon les pays. Cependant, ces deux notions sont reposent sur les mêmes valeurs et les mêmes principes.

Les grandes valeurs qui animent l’économie sociale et cette autre façon d’entreprendre sont essentiellement la solidarité, la liberté (de s’associer, d’entreprendre, d’agir…), la responsabilité morale de la personne, la démocratie fondée elle-même sur l’égalité et aussi la primauté du développement de l’homme sans distinction quelconque sur toute autre finalité, notamment de la finalité du profit (Parodi, 2004).

L’entrepreneuriat social est cette alternative pour apporter des solutions innovantes et pérennes aux défis sociétaux actuels. De ce fait, l’Union Européenne et les institutions internationales et nationales font la promotion de cet autre entrepreneuriat auprès des jeunes générations, car ils sont l’avenir de la société. A cet effet, la France s'est dotée d'enseignements spécialisés dans

ses écoles de commerce : en 2003, l’école supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC) devient la première institution d'enseignement supérieur à ouvrir une chaire Entrepreneuriat social en France, suivie par l’école des hautes études commerciales (HEC) en 2008 avec sa chaire « Social business/ Entreprise et pauvreté ».

De plus, le gouvernement français a créé des conditions pour inciter les jeunes à entreprendre avec la création des Pôles Etudiants Pour l'Innovation, le Transfert et l'Entrepreneuriat (PEPITE), la création d'un statut « étudiant-entrepreneur » pour les étudiants ou jeunes diplômés porteurs de projets de création d'entreprise et le soutien financier aux meilleurs projets des étudiants et jeunes diplômés par la création d'un prix "Tremplin Entrepreneuriat Etudiant".

Cependant, de nombres études statistiques indiquent que les jeunes sont à la recherche de la stabilité de l’emploi, de la rémunération et des meilleures conditions de travail. Ces jeunes ont des caractéristiques qui les distinguent des autres générations, parmi lesquelles les valeurs. En psychologie, les valeurs sont décrites comme des structures cognitives à travers lesquelles on perçoit les situations ; elles ont aussi un rôle important de motivation et constituent des principes guidant l’action et justifiant les décisions (Girard, 2009). Ainsi, les valeurs de ces jeunes peuvent les amener à se lancer dans l’entrepreneuriat social.

Les études en entrepreneuriat montrent que le modèle d’affaire est influencé par les valeurs du porteur de projet et par les conventions émanant du domaine dans laquelle l’activité s’inscrit (Verstraete et Saporta, 2006). Porteur de valeurs, l’entrepreneuriat social s’exprime dans un contexte où les conventions semblent particulièrement influencer les business imaginés. Il peut avoir vraisemblablement un écart de représentations entre les valeurs personnelles et les conventions de l’entrepreneuriat social. Les jeunes qui s’inscrivent dans l’entrepreneuriat social retrouvent-ils leurs valeurs dans celles de cet entrepreneuriat ? Si les recherches en entrepreneuriat social se sont plus focalisées sur la définition du concept, le profil et les motivations de l’entrepreneur social ou encore sur le modèle d’affaire social (Janssen et al. , 2012), ces recherches ne se sont pas encore penchées sur l’entrepreneuriat social des jeunes et des représentions qu’ils se font de cette nouvelle façon d’entreprendre. Il semble donc intéressant d’étudier ce nouveau phénomène suivant cet axe.

A ce titre, notre travail vise à répondre la question de recherche suivante :

Comment les jeunes concilient-ils leurs valeurs et les conventions de l’entrepreneuriat social?

Au regard de ce qui précède, nous proposons d’analyser l’entrepreneuriat social des jeunes en termes de business model (BM). Ce concept est apparu à la fin des années 1990, lors du développement de la bulle Internet, afin que les investisseurs perçoivent facilement la valeur que pouvaient dégager ces entreprises d’un nouveau genre dans un contexte singulier (Verstraete et Jouison, 2009). Dans le cas des organisations issues de l’entrepreneuriat social, le concept de BM vise également à construire et à communiquer une représentation de l’organisation compréhensible par tous les acteurs, aussi bien internes qu’externes (Boncler et al. , 2012).

A cet effet, nous mobilisons le business model GRP de Verstraete et Jouison (2009) comme une grille d’analyse pour rendre compte de la réalité et pour cerner d’éventuelles singularités du phénomène à étudier, parce qu’il s’appuie sur une perspective conventionnaliste

...

Télécharger au format  txt (42.6 Kb)   pdf (96.4 Kb)   docx (30.2 Kb)  
Voir 23 pages de plus »
Uniquement disponible sur LaDissertation.com