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Musiclogie: Eric Clapton

Commentaire d'oeuvre : Musiclogie: Eric Clapton. Recherche parmi 263 000+ dissertations

Par   •  23 Novembre 2021  •  Commentaire d'oeuvre  •  3 841 Mots (16 Pages)  •  24 Vues

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Tara Amilhat  -  L1 Musicologie

Mon devoir se présente en deux parties correspondant chacune à une question. Chaque partie se présente sous la forme d’une réponse argumentée.

PARTIE A : Etude comparative entre la version de 1970 et la version de 1992 de Layla.

C’était il y a tout juste 50 ans. Un album phare, un disque-référence, une pierre angulaire, un pilier de la musique populaire du XXe siècle : Layla and other assorted love songs, le chef d’œuvre de la discographie imposante d’Eric Clapton, fête son demi-siècle d'existence aujourd'hui.

Le riff de Layla est, de nos jours, l’un des plus célèbres du répertoire Claptonien. Dans cette musique, Clapton crie littéralement son amour à Pattie Boyd, la femme de son ami George Harrison. Bien sûr, Layla est un nom utilisé pour ne pas avouer publiquement ses sentiments envers l’épouse de son ami Beatle. Cette chanson est tirée de l’album Layla and Other Assorted Love Songs composé par le groupe Derek and the Dominos en 1970. La chanson a été écrite par Eric Clapton et Jim Gordon. Le titre, Layla, lui a été inspiré par l'histoire traditionnelle d'origine arabe “Majnoun et Leila” que lui a raconté son ami Ian Dallas lorsqu’il était engagé dans un processus de conversion à l'Islam. Cette histoire reflète donc son amour impossible évoqué plus tôt.

De plus, plusieurs autres versions de ce morceau seront enregistrées dans les années 70, mais c’est une version bien différente qui nous intéresse ici. Nous allons, en effet, étudier la version dite “originale” en 1970 et puis une autre, cette fois-ci acoustique, qui date de 1992. Elle vient de l’album Unplugged qui a été enregistré en public dans les Bray Studios de Londres pour la série d'émissions MTV Unplugged.

Ce sont ces deux morceaux que nous allons analyser : dans un premier temps chacun individuellement avec leurs particularités musicales, et leur importance dans l’histoire du rock, puis dans un second temps nous ferons une comparaison de ces deux chefs d'œuvre d’Eric Clapton.

Tout d’abord nous effectuons une analyse de ces deux morceaux individuellement.

Premièrement, nous étudions la version de 1970, la version électrique, qui a pour surnom “Le concerto pour guitares”. En effet, les lignes de guitares, dans l’enregistrement, sont au nombre de 6 voire 7 (si on compte le dédoublement du riff) : le riff doublé, la guitare rythmique, la guitare lead, la guitare slide, la guitare acoustique et la guitare avec l’effet “Leslie”. Ces multiples pistes donnent toute la force et la puissance à ce morceau. En effet, un thème joué simplement a beaucoup moins d’énergie que s’il est joué en double voire triple. De plus, le morceau est très chargé au niveau de l’instrumentation. Nous pouvons donc noter les différentes guitares, la basse électrique, la batterie, le tambourin, l’orgue, le piano ainsi que le chanteur et ses chœurs, cette richesse instrumentale renforçant l’effet de force et de puissance évoqué précédemment.

Également, il est possible d’étudier l’aspect peu commun de la structure de ce morceau. En effet, elle se divise en deux parties distinctes qui sont totalement différentes et indépendantes l’une de l’autre. La première enchaîne couplet et refrain puis finit par un solo de guitare. Cette partie est dominée par la guitare électrique, en raison du thème joué en boucle sur les refrains et la guitare lead qui joue sans s'arrêter et prend la liberté d’improviser tout au long des couplets. Cette guitare est dynamique et, ainsi, l’énergie est due à la partie chantée : en effet, le chant est crié sur toute cette partie, et même aussi par les chœurs qui doublent le chant sur le refrain. Le dédoublage est donc un processus utilisé par la guitare et par le chant. Nous pouvons donc faire un parallèle entre les deux. En effet, nous pouvons interpréter cela : le chanteur pourrait chercher à faire parler sa guitare pour lui car, comme nous le savons, la musique a été composée par Eric Clapton qui était amoureux de la femme de son ami George Harrison, Pattie Boyd. On parle donc ici d’un amour impossible qui tourmente Eric Clapton. Donc si le chanteur cherche à faire parler sa guitare pour lui, nous pouvons constater beaucoup de violence de par l’attaque puissante et la saturation utilisée. Et comme si ce n'était pas assez, le chanteur crie son désespoir au chant. Tous ces éléments prouvent une souffrance qui le déchire de l’intérieur.

Dans la deuxième partie, nous observons un changement radical en termes d’énergie. Celle-ci reste aussi forte que dans la première partie mais elle est pourtant bien plus calme. On note qu’il n’y a plus de chant, il s’agit donc d’une partie seulement instrumentale, l’orgue disparaît, celui-ci est remplacé par un piano qui prend une place bien plus importante que ce dernier puisqu’il surplombe les autres instruments dans le mixage (sauf la guitare lead). De plus, ce piano apporte un certain lyrisme, une douceur au morceau. Ainsi, les sentiments exprimés pourraient s’être transformés en quelque chose de plus doux comme de la mélancolie. Pour en revenir à la guitare ; celle-ci est encore leader dans la deuxième partie. La guitare électrique reproduit le même processus que dans la partie précédente en jouant sans cesse des phrases sans lien évident entre elles. Aussi, en reprenant l’interprétation de l’artiste qui fait parler sa guitare pour lui, la guitare est jouée en slide grâce à un bottleneck c’est-à-dire en glissando. Dans ce cas, c'est la position où le bottleneck est posé sur la corde qui détermine la hauteur de la note. Le jeu au bottleneck permet d'obtenir des notes microtonales (notes intermédiaires entre deux frettes). Ce processus a un côté plus doux que l’attaque au médiator de la partie précédente. Nous pouvons également noter que la guitare a un effet adoucissant sur le piano. En effet, ce dernier est très énergique, les accords changent sans cesse et la rythmique est très dynamique, contrairement à la guitare lead qui joue des notes très longues. De plus, on peut dire que la guitare “tente de ralentir le piano dans sa course effrénée” ; elle met du temps à atteindre la note juste de par le slide mentionné précédemment. En résumé, nous pouvons observer une énergie générale rendant le morceau dynamique. Cet effet est provoqué par l’ensemble des instruments comme la batterie, la guitare, le chant ou même le piano.

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